Histoire de gênes

Histoire de Histoire de gênes à Gênes

Fondation de Gênes : Les traces les plus anciennes d’un peuplement des environs remontent à – 4000, au cours du néolithique, et plus tard à l’âge du bronze. Mais la ville nait vers – 500, avec la construction, probablement par les Etrusques, d’un oppidum sur la colline qui domine l’ancien port, appelée aujourd’hui Castello. En – 205, la cité fut détruite par les Carthaginois pour la punir de son alliance avec Rome ; elle fut reconstruite par le proconsul Spurio Lucrezio. Ses habitants étaient certainement d’origines ligure ou étrusque. 

Epoque romaine : Rome s’installa à Gênes pour s’étendre vers le nord et combattre les tribus ligures (– 191 , – 154) alliées à Carthage. Son port se développa alors grâce au commerce avec des villes romaines, et l’oppidum fut agrandi et renforcé.

« Barbares », Byzantins, Lombards : Après la chute de Rome, Gênes fut gouvernée par les Erules d’Odoacre (476-493), puis par les Goths. En 538 elle fut conquise par les Byzantins qui réorganisèrent toute la région, après une période d’anarchie, avec toujours la menace des Lombards voisins. Ces derniers finirent par conquérir toute la Ligurie en 643 ; sous leur domination, les moines de l’abbaye de Bobbio, catholique et lombarde, s’activèrent pour redonner de la vigueur à la foi en construisant de nombreuses églises, et en même temps pour développer l’agriculture qui était moribonde : ils développèrent des vignobles, plantèrent des châtaigniers et des oliviers, construisirent des moulins à huile et firent des cultures en terrasse.

Carolingiens : Au IXe s. Gênes passa sous la domination des carolingiens de Charlemagne. Ils construisirent une nouvelle muraille, ce qui n’empêcha pas les Sarrazins de mettre la ville à feu et à sang en 935. Les batailles avec les Sarrazins, qui s’étaient emparés de Frassineto et s’y étaient installés, durèrent d’ailleurs assez longtemps. Ce n’est qu’en 1016 que la flotte génoise alliée à la flotte de Pise mit en déroute la flotte Arabo-Berbère qui voulait s’emparer de la Sardaigne. Autour de 950, Gênes fut mêlée à des luttes de pouvoir entre le roi carolingien Berengario II et Otton de Saxe, luttes qui se poursuivirent  longtemps.

Compagna Communis : En 958, le roi Berengario II accorda une charte à Gênes, qui garantissait à la ville la possession de ses propres terres. Cette charte permit à la ville de constituer une libre commune à la fin du XIe s. : en 1097, l’évêque Arialdo réunit les vicomtes et les 8 associations de quartiers pour former une association de tous les habitants : la Compagna Communis. Le pouvoir était entre les mains d’un consul issu de l’une des familles importantes, ce qui ne manqua pas de créer des luttes de pouvoir entre ces familles ; la conséquence en fut la diminution de la compétitivité de la ville et de la force de combat pour la possession de la Corse et de la Sardaigne, contre la ville de Pise.

Le Consulat : L’organisation s’orienta graduellement vers une sorte de République : le consul était élu par un Parlement réuni dans la cathédrale, qui comprenait tous les citoyens mâles de 16 à 70 ans, d’abord pour 4 ans, puis pour 1 an ; ces citoyens étaient dans l’obligation de participer aux guerres, sauf aux guerres lointaines, et même d’acheter leur équipement. Les anciens consuls étaient réunis en un Consilium qui avait le droit de véto sur les décisions du Consul en place. Il y eut par la suite un consul des magistrats et un consul du peuple. 

Gênes prit une part active à la 1ère croisade en 1097 et se distingua grâce à Guglielmo Embriaco qui conduisit souvent son armée à la victoire, en prenant plusieurs villes.

A partir de 1147, Gênes prit part à la « Croisade d’Espagne », pour libérer le sud de l’Espagne des envahisseurs arabes, et eut là aussi de nombreux succès, notamment avec la prise d’Alméria et de Tortosa, avec une aide un peu réticente des Espagnols. Ils en retirèrent des avantages commerciaux appréciables. 

Au XIIe s., l’empereur Barbarossa du Saint Empire Romain Germanique, voulut étendre son emprise sur le nord de l’Italie et particulièrement sur Gênes. Les Génois renforcèrent rapidement les fortifications de la ville, ce qui dissuada Barbarossa de l’attaquer ; l’antagonisme se termina par un pacte de non-agression.

Gênes fut également menacée par le roi Frédéric II, mais grâce à sa puissante flotte, elle put repousser celle de Frédéric II.

Gênes perdit ses riches colonies en terre sainte lorsque Saladin repoussa les croisés. En même temps, les rivalités de personnes dans la ville dégénérèrent en une véritable guerre civile et en un grand chaos. En 1191, le pouvoir passa à un Podestat, secondé par un Sénat, les conseillers du Magistrat des 8 (quartiers) et un conseil Mineur ; mais les troubles continuèrent. Ce fut en fait la fin de cette première République. En 1257, on nomma le premier Capitaine du Peuple : Guglielmo Boccanegra.

Succès extérieurs : Gênes développa son commerce avec les îles espagnoles libérées et l’Espagne continentale libre de manière durable. Guglielmo Boccanegra, réfugié à Aigues Mortes après avoir été chassé de Gênes par une lutte pour le pouvoir, fortifia ce port sur commande du roi de France ; Gênes eut ainsi accès à ce port important. Pendant près de 200 ans, Gênes fut en compétition commerciale et souvent en guerre contre Pise ; la victoire définitive de Gênes eut lieu en 1284 dans la bataille de Meloria. Gênes cella aussi des accords avec Byzance, ce qui lui permit de développer son commerce dans la région. L’autre puissant adversaire et concurrent de Gênes fut Venise qui aida les croisés de la 4e croisade à saccager Byzance, ce qui gêna le commerce de Gênes avec la région. Il y eut plusieurs batailles entre les deux villes, mais aucune des deux ne prit le dessus.

Déclin de Gênes : Malgré ces succès, les troubles intérieurs continuaient ; la charge de Doge à vie fut créée pour régler ces problèmes : le 1er doge fut Simone Boccanegra, élu en 1339. Il fut assassiné et les doges suivants ne furent élus que pour 2 ans. Ce fut alors le déclin : la perte de la Sardaigne, les trois dominations françaises, les deux dominations de Milan et la chute de Constantinople en 1453 diminuèrent notablement sa puissance. Malgré tout une banque fut créée pendant cette période : le Banco di San Giorgio.

Le retour à la prospérité : Les Génois portèrent alors leurs efforts commerciaux et financiers vers l’ouest de la Méditerranée : ils étaient très actifs dans plusieurs villes. Au début du XVIe s., la ville fut convoitée par Charles Quint et par François 1er ; le commandant de la flotte génoise, Andrea Doria, s’allia à l’un ou à l’autre suivant les circonstances, finissant pas s’allier définitivement à Charles Quint, qui lui promit le retour de Gênes à la République, ce qui fut fait. Une période de 100 ans de prospérité s’instaura alors, avec des échanges commerciaux importants entre Gênes et les Habsbourg ; elle atteignit son apogée en 1580.

Le nouveau déclin : Les Savoia attaquèrent Gênes deux fois sans succès, une épidémie de peste décima la ville en 1656-1657, puis Louis XIV fit bombarder la ville (1684), un bombardement terrible qui remit la ville sous la domination française. Le XVIIIe s. ne sera pas meilleur : la ville est occupée par les troupes autrichiennes en 1746, la Corse se rebelle et le Banco di San Giorgio la vend à la France en 1768. En 1797 Gênes s’allie à Napoléon : c’en est fini de la République de Gênes ; en 1815, le Congrès de Vienne intègre de force Gênes dans le royaume de Sardaigne sous la domination des Savoia. Un soulèvement de la population en 1849 entraîne une répression sanglante par Vittorio Emanuele II. A partir de ce moment, l’histoire de Gênes se confond avec celle de l’Italie ; Mazzini et Garibaldi, acteurs essentiels de la guerre de l’Unité, sont nés à Gênes.

 

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