Histoire de Cuba-la havane

Cuba-la havane à travers le temps

Epoque précolombienne : Trois ethnies y vivaient : les Guajatabey, des cueilleurs qui vivaient dans des cavernes, les Siboney, chasseurs et pêcheurs qui ont laissé de belles peintures rupestres notamment dans l'Isla de la Juventud, et les Taino, agriculteurs et pêcheurs, culturellement plus évolués.

1492 : C'est l'année où Christophe Colomb atteignit l'Amérique. En 1511, Diego Velázquez de Cuellar fonda la première ville, Baracoa, puis San Salvador (Bayamo aujourd'hui) en 1513, San Cristobal (aujourd'hui La Havane), Trinidad, Sancti Spiritus en 1514, Santiago de Cuba en 1515. Les indiens furent rapidement décimés par les maladies et les travaux forcés ; les Espagnols firent alors venir des esclaves d'Afrique. Ils utilisèrent l'île comme base pour envahir le reste de l'Amérique du sud, dont ils pillèrent les richesses. Des galions retournaient en Espagne chargés d'or et faisaient escale à San Cristobal.

Corsaires et pirates : Cette richesse ne manqua pas d'attirer des pirates et des corsaires (pirates "officiels" commandités par des états : France Angleterre, Hollande) qui attaquaient des bateaux et pillaient des villes, notamment La Havane. Les états qui subventionnaient les corsaires avaient en fait des visées expansionnistes et voulaient prendre les possessions espagnoles. Cela ne cessa qu'en 1697 avec le traité de Ryswyk : la France et l'Angleterre renonçaient à la "guerre de course". Entre temps, Cuba s'était développée grâce à la culture de la canne à sucre et du tabac, et aussi grâce au commerce avec l'Europe ; La Havane était devenue la Capitale du pays.

Conquête anglaise : Les Anglais n'avaient pas renoncé à l'expansion territoriale : en 1762, ils prirent La Havane, mais ils n'y restèrent qu'un an en raison du traité de Paris de 1763.

Naissance d'une identité : La richesse créée par l'exploitation de la canne à sucre et du tabac permit le développement d'une bourgeoisie et d'une aristocratie, aussi bien espagnole que créole. Le mélange des civilisations espagnole, indienne et africaine avait façonné une population qui ne se sentait plus comme appartenant à l'Europe. Des intellectuels théorisèrent ce sentiment : José María de Heredia, Felix Varela, Cirilo Valleverde. L'Espagne réagit violemment et la guerre d'indépendance dura longtemps.

La guerre d'indépendance de 10 ans : En 1868, Carlos Manuel de Céspedes appela le peuple cubain à l'insurrection. La rébellion dura 10 ans, mais des dissensions internes parmi les insurgés permirent à l'Espagne de reprendre le dessus en 1878. Une "petite guerre" permit l'abolition définitive de l'esclavage en 1886, ce qui entérinait une loi qui dès 1880 avait interdit l'esclavage.

La guerre finale d'indépendance : Depuis son exil, José Martí (1853-1895) fonda le parti révolutionnaire cubain en réunissant différents mouvements indépendantistes. La guerre reprit en 1895 dirigée par Martí,Máximo Gómez et Antonio Macéo. Elle se termina en 1898 grâce à la prise par la rébellion de presque toutes les provinces et grâce à l'aide (intéressée) des Etats Unis qui écrasèrent la flotte espagnole.

 

Sous le "Protectorat" des Etats Unis : Une constitution fut votée en 1901, mais pas sans l'intervention des USA qui sous prétexte de veiller à la paix dans l'île, obtinrent le droit d'intervenir en cas de conflit et de superviser les accords commerciaux de Cuba. De plus ils obtinrent le droit d'installer une base militaire à Guantanamo. En 1902, Cuba fut déclarée République indépendante, mais elle restera sous tutelle des Etats Unis. Les présidents successifs furent des personnes de peu de valeur, sauf le second, José Gómez qui introduisit le gratuité de l'école, la séparation de l'église et de l'Etat et la liberté d'expression et d'association. Il y eut notamment le président Gerardo Machado de 1925 à 1933, chassé par un mouvement populaire, et réfugié aux Bahamas avec un chargement d'or. Puis ce fut Fulgencio Batista qui manœuvra plusieurs présidents successifs, devint président de 1940 à 1944, puis fit un coup d'état en 1952. Malgré cela, il y eut tout de même des progrès à Cuba : en 1907, naissance du parti indépendant de couleur qui revendiqua l'égalité entre blancs et noirs, développement d'organisations syndicales d'étudiants et d'ouvriers, fondation du parti communiste cubain en 1925, droit de vote aux femmes, journée de travail de 8 heures. Mais Batista gouverna l'île d'une main de fer et tout se dégrada : Cuba devint le paradis des "plaisirs" pour la musique, l'alcool, les prostituées, les casinos, la drogue, et attira mafieux, hommes d'affaires, stars du spectacle, vedettes du cinéma, touristes etc…

La Révolution : Elle commença en 1953 quand le dirigeant d'un mouvement étudiant, Fidel Castro, essaya de conquérir la caserne Moncada à Santiago. La tentative avorta et Castro resta deux ans en prison puis fut exilé au Mexique. Il revint en 1956 avec 81 guerilleros, mais ils furent tout de suite décimés par l'armée. Castro organisa alors la lutte armée à partir de la Sierra Maestra avec son frère et Ernesto Guevara et il obtint rapidement l'appui de la population qui n'en pouvait plus sous la dictature de Batista. Ils entrent à La Havane en 1959 alors que Batista a réussi à fuir.

Le communisme : Il fit tout de suite un grand effort pour l'alphabétisation du peuple en envoyant des étudiants dans les campagnes, chargés d'apprendre à lire aux paysans. Il y eut aussi rapidement une réforme agraire avec la suppression des latifundia, grosses propriétés appartenant à des riches ou à des étrangers, surtout américains, souvent mal gérées. Cela entraîna un embargo des Etas Unis sur les importations de pétrole et sur les exportations de sucre. Cuba se rapprocha alors des pays communistes. La suite est connue.

Contenu éditorial Do Tours ©