Histoire de Buenos aires

Buenos aires à travers le temps

Avant la colonisation : On a trouvé les traces des premiers indiens arrivés dans la région vers – 10000, des peintures rupestres datant de – 7000 et des traces de villages de sédentaires datant de – 5000. Au moment de l’arrivée des Espagnols, la région de l’actuelle Argentine était peu peuplée ; il n’y a qu’au nord que la population était plus dense. Les Guaranis au nord-est, une population semi-nomade, habitait dans de grands villages de tentes sous la domination d’un chef. Ils vivaient de l’agriculture (manioc et maïs), de la chasse et de la pêche. Les Daguitas à l’ouest étaient formés de plusieurs tribus différentes liées par des liens commerciaux. En 1480 ils passèrent sous la domination des Incas.

Plus au sud les Huarpe près de Cuyo et les Mapuche au nord de la Patagonie étaient des sédentaires vivant de la chasse, la pêche et la culture du maïs et du quinoa. En Patagonie, Il y avait des tribus nomades, vivant de la chasse et de la cueillette, comme les Pampas et les Tehuelche.

Débuts de la Colonisation : Une expédition espagnole mouille dans l’embouchure du Rio de la Plata en 1516, mais n’y reste pas. Magellan a atteint le détroit du sud de la Patagonie qui porte son nom en 1520. La première tentative de s’établir sur le site de la Buenos Aires actuelle fut faite en 1536 par Pedro de Mendoza. Mais les attaques des Indiens l’obligèrent à abandonner la région dès 1537. Après que les conquistadores espagnols eurent soumis le peuple inca, ils poussèrent vers le sud et l’est, et fondèrent les villes de Santiago del Est et de Salta en 1553. Ils obligèrent les indiens d’Argentine à travailler pour eux ;  les mauvais traitements et les maladies introduites par les Espagnols, contre lesquelles les indiens n’étaient pas immunisés, décimèrent la population locale. En 4 générations, la population indigène se réduisit de 90%. Ce n’est qu’en 1580 que l’Espagne fonda le port de Buenos Aires ; mais celui-ci ne se développa que très lentement, car les seules matières qui intéressaient l’Espagne étaient l’argent et l’or et il n’y en avait pas dans cette région. Au XVIIe s., des fermes commencèrent à apparaître, consacrées à l’agriculture et à l’élevage, ce qui apporta une certaine prospérité. Les Jésuites s’installèrent en Argentine à partir de 1610 et s’enrichirent rapidement grâce à la culture et au commerce du maté, d’autant plus qu’ils ne payaient pas d’impôts. Cela déplut aux Bourbons arrivés à conquérir le trône d’Espagne ; ils expulsèrent les Jésuites d’Argentine en 1768.

La Vice-Royauté : En 1776, l’Espagne créa le vice-royaume du Rio de la Plata avec Buenos Aires comme capitale. C’était un vaste territoire qui englobait l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et le haut-Pérou actuels. Cela galvanisa Buenos Aires qui se développa très rapidement grâce à son port dynamisé, et attira de nombreux immigrants. Il fallait nourrir tout ce monde, ce qui donna une impulsion à la création de villes à l’intérieur du pays : elles vendaient leurs produits à la capitale qui en exportait une partie : tabac, maté, vin, coton. La couronne espagnole imposa au vice-royaume de commercer uniquement avec l’Espagne, ce qui déplut aux créoles et aux Espagnols établis au Rio de la Plata, qui auraient préféré pratiquer le libre commerce. Mais des guerres empêchèrent les Espagnols de naviguer entre l’Espagne et le Rio de la Plata, de telle sorte que ce dernier pays fut obligé de développer le commerce avec d’autres pays. Les Anglais essayèrent d’envahir le vice-royaume en 1806 et en 1807 ; ils furent repoussés par l’armée su Rio de la Plata. Cela donna de l’assurance aux habitants du pays qui en déduisirent qu’ils pouvaient se passer de la tutelle espagnole.

Vers l’indépendance : L’Espagne avait été vaincue par Napoléon en 1808 et n’était donc pas en mesure de contrecarrer la soif d’indépendance du Rio de la Plata. La révolution de 1810 chassa le vice-roi du pays, mais les Espagnols essayèrent de reprendre le pays ; ils furent définitivement vaincus en 1816 par une armée conduite par le Général José de San Martín. L’Argentine alors déclara son indépendance ; le Haut-Pérou et le Paraguay en firent de même. Les gens du pays étaient divisés en deux factions : ceux qui voulaient que le pays reste centralisé et ceux qui voulaient créer un état fédéral. Cette scission dégénéra en une guerre civile qui dura 20 ans. Ce sont les partisans d’un état centralisé fort qui l’emportèrent : le premier président fut Bernardino Rivadavia, dont la présidence ne dura cependant qu’un an. Les combats reprirent jusqu’en 1835, année de la prise de pouvoir du général Manuel de Rosas.

La dictature de Rosas : Rosas était gouverneur de Buenos Aires depuis 1829 et avait déjà imposé un régime autoritaire à la capitale. Il avait notamment institué une police secrète, la Mazorca, qui s’occupait de la censure et réprimait les opposants. Il continua en 1836 et devint tellement répressif que ses opposants arrivèrent à se liguer contre lui et gagnèrent une bataille décisive en 1852, avec l’aide des armées brésilienne et uruguayenne.

La République : Au cours des premières années, une constitution fut rédigée qui organisa un gouvernement central fort tout en accordant une certaine autonomie aux provinces. Le pays fut gouverné par une oligarchie conservatrice. Entre 1865 et 1870, l’Argentine s’allia au Brésil et à l’Uruguay pour combattre le Paraguay. L’Etat devint expansionniste et combattit les indiens de Patagonie et des Pampas qui n’acceptaient pas la domination du gouvernement central ; le combat se termina en 1880 par l’annexion de nouveaux territoires.

Prospérité : La prospérité du pays attira les investisseurs étrangers qui créèrent notamment de très grandes fermes dédiées à l’élevage des moutons. Le commerce et l’immigration augmentèrent, des lignes de chemin de fer furent construites par les Anglais, permettant de relier la capitale aux autres villes. La culture des céréales et l’élevage du bétail explosèrent de telle sorte que l’Argentine devint le premier exportateur de céréales et le second exportateur de viande. La population passa de 2 millions à 8 millions d’habitants entre 1869 et 1914. Dans les villes, des monuments et des édifices ambitieux comme le Teatro Colón, et des parcs furent créés.

La crise financière : En 1890 une crise financière grave amena une forte dévaluation de la monnaie. En fait, le progrès avait caché de graves problèmes, notamment les fortes inégalités entre riches et pauvres et entre la capitale et la province. Révoltes et exigences se multiplièrent. Cela entraîna l’arrivée au pouvoir en 1916 d’un gouvernement plus près du peuple : la Unión Cívica Radical.

Démocratie et Putsch : La première guerre mondiale, la chute des prix des céréales et la récession créa de graves troubles dans le pays : grèves, manifestations, révoltes se multiplièrent. Après la crise internationale de 1929, les choses empirèrent, ce qui décida l’armée à prendre le pouvoir en 1930. Nouveaux gouvernements civils successifs conservateurs, protégés par l’armée, à partir de 1932 ; ils ne parviennent pas à juguler un chômage au plus haut point. Exode des habitants vers les villes : une masse de travailleurs vivant dans ces conditions de vie misérables se développa jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Perón : Ce général commença à acquérir de l’influence et du pouvoir à partir de 1943, par son alliance avec les syndicats. En 1945, il devint vice-président et ministre de la guerre, mais il fut rapidement démis de ses fonctions et emprisonné par l’armée. Des manifestations de masse forcèrent l’armée à le libérer. Peu après, il se maria avec Eva Duarte, issue d’un milieu pauvre et qui avait tenté de réussir comme actrice. Pendant 30 ans, ils devaient changer le cours de l’Histoire. Perón fut élu président en 1946 ; il s’occupa de la masse des pauvres et des travailleurs des villes en essayant d’améliorer leur sort et en les faisant participer à la vie politique. Instauration d’un salaire minimum, aamélioration des conditions de travail et nationalisation de sociétés étrangères furent ses premières mesures. Secondé par sa femme, charismatique et très populaire, il parvint à libérer des millions d’habitants de la misère. Appuyé par les masses, Perón commença à créer un régime autoritaire,  qui se croyait autorisé à intervenir dans tous les domaines. La bourgeoisie n’appréciait pas du tout ce régime. Eva mourut d’un cancer en 1952, à l’âge de 33 ans. Mais l’économie du pays déclina à partir de 1952 et devant le mécontentement des classes aisées, une forte censure et une sévère répression frappa les partis d’opposition et l’église. Les militaires démirent Perón de ses fonctions en 1955 : il fut forcé à s’exiler et son exil dura 16 ans.

Dans l’intervalle, deux forces s’affrontaient : l’armée, contraire au péronisme et les syndicats qui souhaitaient le retour de Perón. Ces derniers s’ingénièrent à rendre le gouvernement impossible et en 1971, l’armée fut contrainte à autoriser le retour de Perón. Il redevint président en 1973, mais le pays continuait d’être ravagé par des troubles et une guérilla ; le parti de Perón se scinda en deux tendances, l’une de gauche, l’autre de droite. Perón mourut un an plus tard et sa 3e épouse, Isabel, prit sa place. Armée et organisation paramilitaire se lancèrent dans la guérilla contre les forces de gauche. L’économie s’effondra de nouveau et l’inflation atteint le niveau de 1000%.

La dictature sanguinaire : En réponse à ces troubles continuels, l’armée reprit le pouvoir en 1976 et instaura une dictature d’une brutalité sans précédent. Les opposants de gauche furent forcés à l’exil ou kidnappés, torturés, exécutés, jetés dans la mer à partir d’un avion. En 1981, une première manifestation de masse eut lieu. L’économie ne s’était pas améliorée : inflation forte et chômage créaient une nouvelle misère. Pour détourner l’attention du peuple, le régime envahit les îles malouines en 1982, possession britannique, mais ils en furent vite chassés, ce qui brisa le peu d’autorité qui restait au gouvernement militaire.

Démocratie et problèmes : De 1983 à 1989, les radicaux furent élus, mais ils ne parvinrent pas à juguler les problèmes du pays. Le pouvoir échut alors au péroniste Carlos Menem : il suivit un programme néolibéral, privatisa de nombreuses entreprises et lia le cours du peso à celui du dollar. L’inflation fut jugulée mais l’industrie du pays s’écroula par la forte concurrence internationale ; récession et chômage suivirent. En 1999, le radical Fernando de la Rúa remplaça Menem, mais il n’arriva pas à résoudre les problèmes et fut forcé de démissionner en 2001 sous une forte pression de la rue. L’Argentine fut incapable de rembourser les 150 milliards de dollars empruntés au cours de la présidence de Menem ; le peso fut fortement dévalué, ce qui anéantit les économies des particuliers. La situation s’améliora ensuite sous la direction de Nestor Kirchner entre 2003 et 2007 ; sa femme lui succéda de 2007 à 2011, qui fut réélue en 2011. Mais de nouvelles difficultés surgirent.

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