Histoire de Santiago

Santiago à travers le temps

Avant la Colonisation : On pense que les premiers groupes de chasseurs-cueilleurs sont apparus aux environs du site de Santiago vers – 13000  ; ils quittaient parfois le littoral pour chercher des guanacos, sorte de lamas, au moment du dégel. Les sédentaires ne firent leur apparition que vers l’an 800 près du fleuve Mapocho : ils cultivaient la pomme de terre, les haricots et le maïs, et domestiquaient les lamas. Quand les conquistadores arrivèrent, les différentes tribus picunches étaient sous la domination des Incas qui avaient développé des centres de gouvernement local, pour dominer les autochtones, qui étaient souvent soumis à des travaux forcés. Leur domination fut de courte durée : fin du XVe s-début du XVIe.

La Colonisation : En 1540 le conquistador Pizarro envoya Pedro de Valvivia en reconnaissance, depuis Cuzco jusqu’au site du Santiago actuel. Pedro de Valvivia prit contact avec les Indiens Picunches en leur expliquant son intention de créer une ville ; dans un premier temps, ils n’offrirent pas de résistance, ayant compris que les espagnols étaient militairement plus puissants que les Incas. Valdivia chargea Pedro de Gamboa de dessiner les plans de la future ville, qu’il réalisa en forme de damier avec une place centrale : la Plaza de Armas. Autour de la place, il avait prévu des terrains pour y construire la cathédrale, la prison, le palais du gouverneur et autres. Pour les soldats de la garnison et les colons il prévoyait 80 « cuadras » et chaque « cuadra » était divisée en 4 terrains donnés aux futurs colons pour y construire leur maison. Il semble qu’il y ait eu un centre inca à cet endroit, d’après des études universitaires ; il est donc aussi possible que Valdivia ait simplement occupé une ville déjà existante, mais rien n’est certain. Quand il partit pour une expédition contre les Mapuche, à la fin de 1541, la ville naissante restée sans défense fut attaquée et détruite par une tribu picunche conduite par la chef Michimalonco ; jusque vers 1600, la ville resta menacée. Malgré cela, elle continua à se développer rapidement : en 1558, la moitié des maisons prévues était construite et en 1880, la totalité ; d’immenses troupeaux paissaient dans les terrains voisins de la ville. La première cathédrale était construite en adobe, en 1561 et l’église San Francisco suivit en 1572. Par la suite de nombreuses catastrophes freinèrent le développement : séisme (1575), variole (1590), crues du Mapocho (1608 et 1618), séisme (1647, 600 morts)

Les indiens Mapuche qui occupaient le sud du territoire du Chili actuel se rebellèrent dès 1541 et empêchèrent les Espagnols de s’y installer de manière durable ; jusqu’en 1883 ils eurent un territoire fixé par une frontière, après un traité de paix. Puis ce territoire fut définitivement annexé par le Chili.

Le Chili a longtemps fait partie du Vice-Royaume du Pérou : le Capitanat Général du Chili à dépendant du Pérou fut créé en 1609 et dura jusqu’en 1778 ; à partir de cette date le Capitanat devint indépendant.

La Guerre d’Indépendance et l’avènement de la république : Quand Napoléon envahit l’Espagne et plaça Joseph sur le trône d’Espagne, le Chili nomma une junte en 1810 qui jura fidélité au roi d’Espagne déchu, mais en tant que province autonome ; peu après le Chili se détachait de l’Espagne et de la monarchie. En 1814, l’Espagne s’étant débarrassée de ses occupants, put envoyer une armée au Chili pour reconquérir le pays. Au cours de la bataille de Rancagua, l’Espagne eut le dessus ; elle fut cependant battue à la bataille de Chacabuco par les troupes chiliennes et argentines dirigés par le général José de San Martin, puis écrasée en 1818 à la bataille de Maipú.

En 1818, Bernardo O’Higgins fut le premier président de la République du Chili, jusqu’à sa destitution en 1823 par Ramón Freire y Serrano. Celui-ci fut écarté en 1828 par Francisco Antonio Pinto Díaz. La constitution libérale de ce président ne plut pas à Diego Portales Palazuelos qui le destitua en 1830. Celui-ci rédigea une constitution donnant un pouvoir fort au président, ce qui entraîna des gouvernements stables jusqu’en 1891.

Les guerres : Dans l’intervalle, il y eut une guerre (1836-1839) contre la Bolivie et le Pérou, gagnée par le Chili.

Une guerre contre l’Espagne qui voulait reconquérir le Pérou (1865-1883) se termina par la défaite de l’Espagne.

En 1878, la Bolivie taxa l’exportation du salpêtre chilien, ce qui déclencha une guerre qui se termina en 1884 au bénéfice du Chili, qui obtint de nouveau territoires.

En 1891, le mécontentement du parlement et de la marine devant la politique du président conservateur José Manuel Balmaceda déclencha une guerre civile qui aboutit au suicide du président. Un système parlementaire fut institué, qui dura jusqu’en 1916.

Par la suite il y eut de nombreux différents frontaliers entre Bolivie, Argentine et Chili, mais ils furent en général réglés par la négociation. Seul le différend entre le Chili et la Bolivie n’est pas encore réglé.

Entre les deux guerres mondiales : Le Chili resta neutre au cours de la 1re guerre mondiale et participa très peu à la seconde. Mais le pays ne fut pas stable entre les deux guerres qui fut gouverné alternativement par des régimes libéraux et des régimes autoritaires. La crise de 1930 toucha durement le pays en raison de la baisse des prix du cuivre et du salpêtre.

Après la seconde guerre mondiale : Entre 1945 et 1969, les partis conservateurs et les partis de gauche s’affrontèrent : les partis de droite eurent les premiers présidents, puis en 1964, le chrétien-démocrate Eduardo Frei Montalva essaya de concilier les deux tendances et de promouvoir quelques lois sociales. En 1969, c’est Salvador Allende qui devint président avec l’aide du l’Union Populaire qui rassemblait les forces de gauche et les démocrates-chrétiens. Il nationalisa les Banques, l’Agriculture, les Mines de cuivre, l’Industrie et les communications. Cela déplut profondément aux Etats Unis qui craignaient que le marxisme se diffuse en Amérique du sud. Ils instaurèrent un boycott des exportations chiliennes, ce qui eut pour conséquence un mécontentement populaire et un putsch militaire en 1973 ; la dictature dura 17 ans et fut particulièrement répressive. A partir de 1990, la démocratie fut à nouveau rétablie.

 

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