Histoire de Bogota

Bogota à travers le temps

Epoque préhispanique : Dans les zones voisines de Bogotá, on a trouvé des gisements archéologiques d’au moins 16000 ans d’existence, datant de la période glaciaire. Après cette glaciation, la végétation  commença à se développer : arbustes, petits arbres et prairies, puis, il y a 12000 ans, des forêts apparurent sur le haut plateau de Bogotá. Là, il y avait des animaux comme les lièvres, des cerfs, des chevaux et des mastodontes que les hommes chassaient ; ils purent ainsi s’établir dans la région de manière permanente. Il y a 5000 ans, les hommes commencèrent cultiver des plantes, à fabriquer de la poterie, à domestiquer le cochon d’Inde pour leur nourriture. Vers – 500, la culture de la pomme de terre et du maïs était déjà très répandue. Vers 800,  les Muizcas, la branche la plus importante de la population des Chibcha, vinrent s’établir dans la région. Cette civilisation n’est pas très connue, car elle n’avait pas d’écriture, et on ne les connaît qu’à travers les relations orales recueillies après 1470. Ils avaient un chef nommé Zipa, des groupes de religieux (Mohanes), puis les guerriers (güechas), et enfin les artisans, les marchands et les paysans. Les Muizcas avaient un calendrier lunaire très précis, une structure juridique  basée sur le « Cόdigo Nemequene » . Par ailleurs leur édifices étaient construits avec des matériaux périssables ; il n’en reste donc aucun.

La Période Coloniale : Gonzalo Jiménez de Quesada conquit la région de Bogotà avec seulement 70 soldats ; il fonda immédiatement la ville en 1538, par la construction de 12 cabanes et d’une chapelle, à l’endroit qui est aujourd’hui La Piazza del Chorro de Quevedo, à Teusaquillo. En 1539, il mit au point la structure juridique de la ville. En 1540, l’Empereur Carlos I octroya à Santa Fe (ancien nom de la ville) le statut de ville du Nuevo Regno de Granada, créé en 1550, et même de siège du gouvernement colonial, dépendant du vice-royaume du Pérou. A partir de 1717, la ville fut la capitale du vice-royaume de la Nueva Granada. En 1783, le vice-roi créa une commission scientifique dirigée par José Celestino Mutis, qui commença à faire des recherches sur les montagnes proches de Santa Fé : ce fut la première Expédition botanique ; d’autre part, le premier observatoire astronomique d’Amérique fut construit à Bogotà sou l’impulsion de Mutis, ce qui incita le scientifique allemand Alexander von Humboldt à visiter Bogotà, attiré par ses institutions culturelles et scientifiques. A la fin du XIXe s., un mouvement indépendantiste se développa parmi des créoles influents, comme Policarpa Salavarrieta et Antonio Nariño. Un incident sciemment orchestré, et sous un motif futile, sonna le début de la guerre de révolution en 1810. La victoire sur l’Espagne fut obtenue rapidement, mais la Colombie fut reconquise en 1816 par les Espagnols. En 1819, l’indépendance fut définitivement acquise grâce à la victoire de Boyacà, obtenue sous la direction de Paula de Santander et Simόn Bolívar, grâce à une traversée des Andes que l’ennemi ne croyait pas possible. Simόn Bolívar est né à Caracas en 1783 dans un milieu aristocratique ; au cours de ses voyages en Espagne et en France, il s’est convaincu du fait que l’indépendance était la meilleure solution pour l’Amérique du sud et qu’elle était possible grâce aux antagonismes entre la France, l’Espagne et l’Angleterre qui, en raison de leurs batailles n’avaient plus la possibilité de maintenir leur autorité sur les pays d’Amérique du sud. 

La Période Républicaine : La ville devint alors la capitale de la Grande Colombie ; Bolivar fut nommé Président de la République en 1821 et Francisco de Paula Santander vice-président. Mais cela ne dura pas longtemps car en 1830, année de la mort de Simόn Bolívar, cet état fut partagé en 3 parties: Equateur, Venezuela et Colombie (qui perdra encore le Panama en 1903). La Colombie sombra alors dans une période de guerres civiles qui se poursuivit jusqu’à la fin du XIXe siècle : la guerre la plus importante fut la « guerre des mille jours » qui opposa les nationalistes au libéraux et aux conservateurs. Elle se termina par la victoire du second camp en 1900. Mais la guerre civile reprit alors entre libéraux et conservateurs. Entre temps, les lignes de chemins de fer commençaient à se développer (100 km en 1900) et un tramway tiré par des mules fut construit en 1884 ; il fut électrifié en 1910. Le premier aéroport d’Amérique du sud fut construit à Bogotà dans les années 20 et l’électricité commença à être distribuée dans la ville grâce à la chute de Tequendama. La cité universitaire, le parc national et le stade Nemesio Camacho furent construits pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville (1938). Mais le développement cessa avec l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán : la ville fut saccagée au cours du « Bogotazo », ce qui incita les familles aisées à quitter le centre. La dictature du général Gustavo Rojas Pinilla entre 1953 et 1957 fut une période positive : elle calma les luttes intestines, de grandes constructions furent entreprises, la ville fut réorganisée et les femmes obtinrent le droit de vote. Mais la guerre civile recommença entre l’Etat et les multiples factions révolutionnaires. La ville se développa cependant à partir de 1994 sous l’impulsion du maire Antanas Mockus , avec la construction du système de transports « Transmillenio », les zones piétonnes, les pistes cyclables, les centres culturels, la chaîne de bibliothèques, la restriction de la circulation automobile en ville, l’adaptation des horaires des commerces.

 

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