Histoire de Francfort

Francfort à travers le temps

La colline sur laquelle se trouve la cathédrale a été occupée dès le paléolithique : les premiers hommes ont choisi ce site pour le voisinage d’un gué sur le Main, pour éviter les marécages et les inondations de la plaine et pour se défendre plus facilement. Les deux côtés du Main, étaient occupés par une abondante forêt.

Les Romains : Mais les premières constructions ont été réalisées par les Romains qui se sont installés sur le site pour sa position sur la route romaine de Mayence à Heddernheim. Ils y sont restés de la fin du 1er siècle à l’an 260, année au cours de laquelle ils durent se retirér sur la partie ouest du Rhin en raison de la pression des Germains.

Les Carolingiens : On ne sait plus rien de précis jusqu’en 794, année au cours de laquelle Charlemagne écrivit à l’évêque de Tolède, que Francfort était une ville célèbre et importante. Il y installa une Cour Royale et y convoqua un Conseil d’Eglise où on condamna la thèse de «l’Adoptionisme », dont les défenseurs prétendaient que Jésus avait été adopté par Dieu, et on condamna aussi l’iconoclasme.

Louis le Pieux, fils de Charlemagne, choisit Francfort comme siège, étendit le Palatinat, agrandit le palais et entoura la ville d’une muraille et d’un fossé. Sous Louis le Pieux, le pays carolingien resta celui qu’avait fondé Charlemagne : mais ses trois fils se partagèrent ce royaume le morcelant en une Francie occidentale, une Lotharingie et une Francie Orientale dont Francfort devint la capitale. Plus tard, la Lotharingie disparut. 

Les Hohenstaufen : En 1147, Bernard de Clairvaux prêcha à Francfort l’organisation d’une nouvelle croisade ; l’empereur Conrad III de Hohenstaufen y participa et y mourut sans laisser d’héritier. Cela entraîna une élection en 1152 à Francfort, qui désigna Frédéric Barbarossa comme futur empereur. Francfort devint la ville d’élection des souverains allemands.

En 1240, l’empereur Frédéric II confirma à la ville le droit de tenir une Foire d’Automne pour la vente des produits agricoles. En 1245, Francfort devint une ville d’Empire : au début, la plupart des entrées d’argent étaient destinées à l’Empire, mais bientôt la population put élire son maire et ses fonctionnaires chargés de maintenir l’ordre, et obtenir une plus grande autonomie.

Le Bas Moyen âge : En 1329, la ville ouvrit ses portes à l’empereur Louis le Bavarois ; il donna à la ville l’autorisation de s’approprier directement les entrées d’argent, les droits et les mandats qui leur avaient été promis. Il autorisa aussi la tenue d’une foire du printemps. La ville reçut de nombreux autres privilèges, car l’empereur comptait sur son soutien dans la lutte qui l’opposait au pape Jean XXII. Cela profita à la ville qui put ainsi développer son commerce. La population atteignit bientôt 10000 habitants et la ville s’entoura de nouvelles murailles, dont il reste encore la tour Eschenheimer. La principale ressource de la ville était le commerce des tissus : la guilde des tisseurs comprenait 300 adhérents. En 1405, la ville acheta la maison d’un certain Römer et des maisons environnantes, pour réaliser une mairie ; elle existe encore.

Les mandats des représentants au Conseil devinrent petit à petit héréditaires et cela créa des disputes entre les guildes et les patriciens ; l’empereur Charles IV réforma alors le conseil de la ville en imposant 14 représentants des guildes, 14 de la commune et 14 des échevins. En 1356, la ville reçut définitivement le droit d’organiser les élections des empereurs. 

Elle se libéra de l’emprise d’un seigneur qui voulait mettre la main sur la ville, et d’une trop grande mainmise de l’empereur désargenté en lui donnant de l’argent. Mais elle n’échappa pas à des conflits avec des seigneurs voisins qui avaient l’habitude de guerroyer pour obtenir des avantages et de nouvelles possessions. Ce n’est qu’en 1495 que l’empereur Maximilien I réussit à interdire ces guerres fratricides entre seigneurs.

La Renaissance : A partir du XVIe s., la renaissance atteignit Francfort dans les arts, les connaissances et l’industrie, grâce à l’exemple de l’Italie et la découverte à Mayence de l’imprimerie. La foire aux livres la plus importante d’Allemagne se développa alors à Francfort. La Réforme fit son entrée dans la ville en 1530. Après s’être laissée entraîner dans une guerre désastreuse contre les catholiques, Francfort sut en tirer la leçon et maintint une neutralité qui lui permit d’éviter de participer à la guerre de 30 ans. Elle accueillit des protestants néerlandais qui contribuèrent aussi à son développement. 

En 1585, en raison des fluctuations des taux de change, souvent pratiquée par la malhonnêteté de certains commerçants, Francfort créa sa Bourse qui fixa les taux de change entre les différentes monnaies qu’on utilisait dans la ville pour les échanges. 

Du XVIIe au XIXe s. : En 1612, une partie de la ville s’insurgea contre le Conseil Communal parce qu’ils n’étaient pas représentés dans ce conseil et que les mandats avaient fini par devenir héréditaires. Elle s’attaqua aussi aux Juifs qui durent quitter la ville. L’empereur reprit la situation en mains et arriva à rétablir le calme, mais seulement en 1616.

Francfort échappa à la guerre de 30 ans (1618-1648) mais pas à la peste qui se répandit dans toute l’Europe. Puis la ville retrouva son bien-être et au XVIIIe s., sa culture se développa. La ville publiait deux journaux, Telemann fut directeur musical de l’Eglise Sainte Catherine de 1712 à 1721, Goethe y est né en 1749, en 1763, Mozart y a donné des concerts, en 1784, une pièce de Schiller y est jouée.

La suite est une succession d’occupations par l’armée de la Révolution française, qui réclama par deux fois d’énormes sommes d’argent, puis par les troupes de Napoléon qui réclamèrent également de l’argent et inclurent Francfort dans un état satellite de la France. 

Au congrès de Vienne (1814-1815), il fut décidé de redonner à Francfort son statut de ville libre. Mais la ville se dota d’une nouvelle constitution, influencée par les idées de la Révolution française : mêmes droits pour les deux religions chrétiennes, droit pour les Juifs de fonder des fabriques, de faire du commerce. Francfort devint le siège du Bundestag. Le prince Metternich qui dirigeait le Congrès de Vienne aurait cependant voulu revenir en arrière et recréer un univers désormais dépassé. 

Mais les révolutions se succédaient et il y eut un rassemblement important au château de Hambach auquel 4000 personnes ont participé. En mars 1848, un rassemblement national eut lieu à Francfort au cours duquel on travailla sur une nouvelle constitution et cette activité se prolongea au cours des deux décennies suivantes, sans résultat concret, cen raison de l’absence de la Prusse qui était plutôt pour un gouvernement autoritaire dominé par elle. 

En 1866, la Prusse occupa Francfort et l’annexa. Elle réclama une somme énorme à la ville et la rabaissa au rang de ville secondaire. Puis elle enleva à la ville une bonne partie de ses prérogatives. Les tensions se calmèrent quand en 1871, le traité de Paix entre la France et la Prusse fut signé par Bismarck à Francfort. Les réparations de guerre payées par la France permirent en partie de redévelopper Francfort : trains, trams électriques, système d’égouts, opéra, jardin des palmiers, zoo, piste de patinage sur glace, gare, etc…, des tas de chantiers furent mis en œuvre.

La suite ne se distingue pas de l’histoire de l’Allemagne : 1ère guerre mondiale, nazisme, seconde guerre avec leurs lots de malheurs.

Après la guerre, la ville s’est reconstruite et est devenue une importante place financière.

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