Histoire de Munich

Munich à travers le temps

Préhistoire :

Vers - 5500, des tribus s'installent sur les bords de l'Isar : on a retrouvé des vestiges de céramiques rubanées.

A Kelheim, on a retrouvé des fondations de fermes datant du 4e millénaire.

La culture d'Altheim (- 3900 ; - 3500) a laissé des traces de cités entourées de palissades et d'un fossé, ainsi que de cités lacustres dans les régions marécageuses.

De l'âge du bronze (- 1800 ; - 1200), on a retrouvé des objets utilitaires et des objets de culte.

La période de Hallstatt (- 700 ; - 500, premier âge du fer) a également laissé des traces.

Période Celte :

Les Celtes Vendéliques sont arrivés dans la région vers - 800 et y ont introduit l'âge du fer ; ils s'établirent au début dans la région de l'Ingolstadt actuelle. Ils avaient des relations commerciales avec les Etrusques et les Grecs. Plus tard, ils ont fondé des villes comme Kempten, Straubing et Passau.

Période Romaine :

Les Romains conquirent la région en - 15 et établirent le Limes le long du Danube. Sous l'empereur Auguste, ils fondèrent la ville d'Augusta Vindelicorum (Augsburg actuellement) d'où ils administrèrent la région, ainsi que la ville de Ratisbonne. Ils y restèrent pendant deux siècles, puis les tribus germaines des Markomans et des Alamans les attaquèrent constamment au cours du IIIe siècle. Nouvelle période de tranquillité au IVe s., avant d'être définitivement chassés par les Germains au Ve siècle.

 

Périodes des grandes migrations et de la christianisation :

La tribu germanique des Bavarii occupa une bonne partie de la Bavière entre 450 et 550 et cohabita avec les Celtes, les Romains, et les autres Germains. Dans les régions voisines vivaient les Francs et les Alamans. Toutes ces tribus restèrent longtemps païennes, mais des missionnaires irlandais, anglais et francs sillonnèrent la région à partir du VIIe s. et parvinrent petit à petit à christianiser les peuples. Dès le VIIIe s. il y eut de nombreuses villes épiscopales dont Freising, Regensburg et Salzburg, sous l'autorité de l'archevêque anglais Boniface. Les Bénédictins jouèrent un rôle essentiel dans cette christianisation.

Un premier duché :

Vers le milieu du VIe s., la famille des Agilolfinger prit le pouvoir et organisa une sorte d'Etat bavarois en édictant des lois et en établissant des frontières. Ils durent guerroyer avec les tribus environnantes, mais surent également créer des alliances avec les Lombards, les Francs et les Alamans par une habile politique de mariages. Ils utilisèrent également l'Eglise pour asseoir leur autorité ; le centre du pouvoir fut Regensburg. Le premier duc fut Garibald I (555-591) ; le dernier, Tassilo III (748-788) agrandit le royaume jusqu'à la Carinthie actuelle. Cela ne plut pas à Charlemagne qui destitua Tassilo III et intégra l'Etat dans son royaume. Quand le royaume de Charlemagne fut partagé entre ses trois petits fils, en 843, la Bavière fit partie de Royaume Franc de l'Est, qui devait devenir le Saint Empire Romain Germanique.

 

Le haut Moyen âge :

A la fin du IXe s., le margrave Luitpold de Carinthie fonda le duché de Bavière. Pendant tout le Xe s., les rivalités entre états entraîna la Bavière dans des guerres permanentes, notamment contre la Saxe, et elle perdit beaucoup de territoires ; elle fut ensuite fut administrée par des rois allemands ou leurs vassaux. A partir de 1070, ce sont les Guelfes qui administrèrent la Bavière ; ce parti soutenait la papauté et était opposé aux Gibelins, partisans des Hohenstaufen. Le dernier souverain Guelfe, Heinrich der Löwe (Henri le Lion), qui dominait la Bavière et la Saxe, fonda notamment Munich. En 1180, il fut exilé par l'empereur Barbarossa, qui trouvait qu'il prenait trop d'importance, et remplacé par Otto I de la famille Wittelsbach. Cette famille ne devait plus quitter le pouvoir jusqu'en 1918. Elle agrandit le territoire par des achats de territoires, mariages et héritages : en 1253, la Bavière était l'état le plus important parmi les états allemands.

Le Bas Moyen âge :

En 1255, Munich devint la capitale de la Bavière qui s'agrandit encore de la province de Brandenburg, du Tirol et de provinces des Pays Bas, après avoir annexé une partie du Palatinat. En 1314, Heinrich der Bayer (Henri le Bavarois) devint roi d'Allemagne puis empereur de l'Empire Germanique en 1328. C'est lui qui octroya une constitution à la Bavière, rédigée en langue allemande, définissant notamment les impôts. A partir du XVe s., les trois états, noblesse clergé et tiers état prirent de l'importance et se réunirent dans un "Landtag". Cependant après la mort de l'empereur, de nombreux conflits éclatèrent entre ses fils ce qui entraîna un partage de la Bavière.

 

Renaissance et Contre-Réforme

A partir de 1506, Albrecht IV instaura la règle qui devait attribuer au seul aîné la succession au pouvoir, ce qui entraîna une plus grande stabilité. Les Wittelsbach se rangèrent clairement du côté de la contre-réforme après l'apparition du protestantisme ; ils luttèrent auprès de l'empereur Karl V contre les souverains luthériens dans la guerre de 1546-1547 et en 1571, tous les Luthériens durent quitter la Bavière.

La période de Maximilien I

Wilhelm V régna de 1575 à 1597 et amena la Bavière au bord de la ruine. Son fils Maximilien I qui régna de 1597 à 1651 eut plus de succès : il réforma le système des impôts et donna plus de pouvoir aux souverains. Il s'engagea dans la guerre de trente ans auprès de l'empereur et battit les troupes protestantes de Bohême en 1620 ; il en fut récompensé par le rattachement d'une partie du Palatinat. Cependant les troupes protestantes suédoises dévastèrent le pays et ce n'est que grâce à la France qu'à la paix de Westphalie la Bavière s'en sortit bien.

Maximilien II Emanuel (1679-1726)

Après Maximilien I, Ferdinand Maria (1651-1679) fut un souverain pacifique. Il fut suivi par Maximilian II Emanuel qui au contraire se lança dans des guerres contradictoires : avec les Autrichiens, il repoussa les Turcs en 1683, puis il s'allia à Louis XIV contre l'Autriche et fut battu ; il dut s'enfuir en France et ne revint en Bavière qu'en 1714.

Maximilien III Joseph (1745-1777)

Ce fut un souverain éclairé, pacifiste et tolérant qui fit de nombreuses réformes intelligentes. Il fit une réforme agraire nécessaire, fonda l'Académie des Sciences, créa notamment la manufacture de porcelaine de Nymphenburg. Son successeur Karl Theodor (1777-1799) poursuivit cette politique et fut un soutien pour les Sciences et des Arts.

Maximilian I Joseph (1799-1825)

Grâce au soutien de Napoléon, la Bavière doubla son territoire entre 1803 et 1806 et en 1806,  Maximilien fut nommé roi de Bavière. D'importantes réformes furent entreprises par le comte de Montgelas. Après la chute de Napoléon, la Bavière put tout de même garder les territoires acquis. Puis elle fut prise dans le conflit d'intérêts entre la Prusse et l'Autriche, s'allia d'abord à la seconde, puis à la première.

Ludwig I (1825-1848) et Maximilian II (1848-1864)

Sous ces deux souverains, les Arts et les Sciences connurent un essor remarquable : ils avaient beaucoup de goût et d'intérêt pour ces domaines ; ils ont également favorisé l'architecture en faisant réaliser de nombreux monuments à des architectes de talent.

Ludwig II (1864-1886)

Après sa participation à la guerre de 1870 contre la France, la Bavière fut intégrée au Reich Allemand, fait accepté par Ludwig II qui ne s'intéressait plus qu'à l'art. Son successeur Luitpold (886-1912) fut plus réticent et chercha à regagner une part d'indépendance, ce qui le rendit populaire. Son fils Ludwig III (1913-1918) par contre, était un admirateur de la Prusse. Il fut destitué en 1918 et ce fut la fin de la monarchie.

La suite est connue et inattendue : un peuple longtemps ami de la France et épris d'indépendance a permis à Hitler d'avoir de l'audience et de développer son pouvoir maléfique.

Contenu éditorial Do Tours ©