Histoire de Bruxelles

Bruxelles à travers le temps

Sur le site de Bruxelles, on a trouvé des vestiges de peuplements datant de l’âge de la pierre. On a également trouvé des témoins de la présence de Romains près du centre de Bruxelles. 

Mais on ne sait rien de précis sur sa fondation ; il est possible que la construction en 580 d’une chapelle sur une île de la rivière Senne par Saint Gery (550-626), évêque de Cambrai, ait marqué le début de la construction d’un hameau précurseur de Bruxelles. Mais la date officielle choisie pour sa fondation est 979, année au cours de laquelle le duc Charles de Basse Lorraine transféra les reliques de Saint Gudule dans la chapelle de Saint Gery. 

Le Comté de Bruxelles

Autour de l’an 1000, Lambert I de Louvain acquit le Comté de Bruxelles par son mariage avec la fille de Charles de Lorraine. En raison de sa position sur la route commerciale Bruges-Gand-Cologne, Bruxelles devint un centre important du commerce des textiles. La ville s’agrandit rapidement sur des hauteurs voisines de la Senne, pour que ses crues ne puissent pas l’atteindre.

Quand elle atteint une population de 30.000 habitants, on assécha les marais pour permettre une expansion supplémentaire de la ville. En 1225, on commença la construction de la cathédrale des Saints Michel et Gudule, à l’emplacement d’une ancienne église romane.

En 1183, les Comtes de Louvain devinrent ducs du Brabant, qui faisait partie du Saint Empire Romain Germanique. Au XIIIe siècle, Bruxelles fut entourée de remparts et, son importance augmentant, il fallut construire une seconde muraille entre 1356 et 1383. 

En 1369 eut lieu le mariage de Margaret III de Flandres avec Philip le Hardi, duc de Bourgogne et membre de la famille des Valois. Leur fils Antoine devint duc du Brabant en 1406 grâce au testament de sa grand-tante Jeanne de Brabant. Ainsi le duché de Brabant devint une possession des ducs de Bourgogne successifs : Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe III le Bon et Charles le Téméraire. 

Quand ce dernier meurt à la Bataille de Nancy, sa fille Marie de Bourgogne épouse l’empereur Maximilien I de l’Empire Romain Germanique. Le Brabant se retrouve sous la domination des Habsbourg. En 1482, après la mort prématurée de Marie de Bourgogne, son fils Philippe le Beau lui succède en tant que duc du Brabant ; il devient roi-consort de Castille en 1506, par son mariage avec Jeanne de Castille. 

Les Pays Bas espagnols

L’Archiduc Charles d’Autriche, né à Gand, fils de Philippe le Beau et de Jeanne de Castille, duc de Bourgogne à 15 ans, en 1515, est déclaré roi d’Espagne en 1516. C’est ainsi que les Pays Bas deviennent une possession de l’Espagne de Charles Quint, par le jeu des mariages. A la mort de son grand-père, Maximilien d’Autriche en 1519, il devient aussi Empereur d’Autriche. Les Habsbourg disposent donc d’un « Empire à Deux Têtes ».

Charles Quint, né à Gand, favorise les Pays Bas et rétablit Bruxelles comme capitale et siège des Etats Généraux des Pays Bas et des trois conseils du gouvernement. Bruxelles devient une ville commerciale importante et dépasse Louvain, Malines et Anvers. De nombreux artistes et scientifiques émergent dont Mercator. Erasme y rédige son traité sur l’éducation d’un prince. Les Pays Bas ont une certaine autonomie : les lois et traditions sont indépendantes de celles de l’Espagne et de l’Empire Germanique.

Au début, les milices communales et les nobles participent aux guerres des troupes espagnoles stationnées aux Pays Bas, contre la France de François 1er.

Mais petit à petit, le protestantisme gagne les Pays Bas, bien que Charles Quint interdise cette religion et ordonne une répression sans merci. Quand Charles Quine démissionne en 1555, une véritable révolte se développe contre le nouveau roi d’Espagne Philippe II, encore plus autoritaire.

La révolte devient une guerre de religions impitoyable. L’Espagne envoie des troupes commandées par le Duc d’Albe qui fait exécuter les chefs de la révolte

Le prince d'Orange, appelé Guillaume le Taciturne, ancien favori de Charles-Quint, dirige les révoltés avec le comte Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde, qui dirigera la défense d'Anvers. La guerre entre les Espagnols et des factions catholiques d’une part, les révoltés et des factions protestantes d’autre part, dure 20 ans. Bruxelles participe à l'Union d'Utrecht  (1579) avec les protestants hollandais et sera même une république calviniste de 1577 à 1585. Après un siège d'un an, la ville retombe sous la coupe espagnole.

L'Espagne accorde alors une indépendance interne à un territoire correspondant, en plus grand, à l'actuelle Belgique sous la domination des archiducs Albert et Isabelle. Une clause du traité stipule que si le couple s'éteint sans descendance, les Pays-Bas du sud redeviendraient possession espagnole. Les Pays-Bas du nord acquerront une indépendance véritable avant les Pays Bas du sud. Sous les archiducs, pendant plus de 20 ans, la ville retrouve sa prospérité. Bruxelles redevient le siège du gouvernement des Pays-Bas espagnols, et la lutte contre le protestantisme continue. Cette période se termine avec la mort d’Albert en 1621. 

Par la suite, les Pays-Bas espagnols sont constamment attaqués, surtout par la France de Louis XIV, qui a commencé une politique d’expansion vers 1655. La pire attaque a été celle de Bruxelles en 1695 : l’armée française n’avait pas pour but de prendre la ville, peu défendue, mais de la bombarder. Ce faisant, elle a détruit toute la belle Grand-Place et une bonne partie de la ville, reportant sur ses habitants la haine qu’elle vouait aux Espagnols. Une action peu glorieuse pour un prétendu grand roi.

La place est reconstruite assez rapidement et c’est ce chef d’œuvre qu’on peut encore admirer aujourd’hui.

 

Les Pays Bas autrichiens

En 1713, les Habsbourg d’Espagne abandonnent leur pouvoir aux Pays Bas et cèdent le pays aux Habsbourg d’Autriche. Mais les Autrichiens se heurtent aux mêmes problèmes que les Espagnols : les « Nations », groupement des diverses corporations du pays, refusent toute réforme en s’appuyant sur d’anciennes chartes retrouvées par hasard, dans lesquelles Bruxelles avait obtenu des privilèges dans le passé ; les autorités avaient caché ces documents. Les Nations veulent que ces privilèges soient appliqués.

Après un gouverneur général détesté, un nouveau gouverneur, Charles de Lorraine, gouverne le pays de 1741 à 1744 puis de 1749 à 1780, après une nouvelle occupation française. Celui-ci est moins autoritaire et fait faire de nombreux travaux d’embellissement dans Bruxelles. 

La révolution

Les privilèges inscrits dans les chartes sont à nouveau remises en question par l’empereur Joseph II, après la mort de Charles de Lorraine ; cela déclenche la révolution de 1789. Une armée improvisée bat d’abord les troupes autrichiennes, mais les dissensions internes entre conservateurs et progressistes permettent à l’Autriche de revenir en force. Joseph II meurt ; son frère Léopold promet le rétablissement des droits de la tradition.

La domination française 

Après la révolution, La France est menacée par les pays européens. Elle attaque les troupes autrichiennes stationnées aux Pays Bas et les bat à la bataille de Jemmapes. Bruxelles est rattaché à la France en 1793, mais les Français, qui saccagent des églises, se rendent vite impopulaires. Ils sont battus par les Autrichiens à Neerwinden, puis sont vainqueurs à Fleurus en 1794. Ils dominent à nouveau les Pays Bas et ils prennent les mêmes mesures impopulaires que les Autrichiens. Une brève embellie économique due au blocus imposé à l’Angleterre par Napoléon disparaît après Waterloo.

Le Royaume Uni des Pays Bas

Le Congrès de Vienne, décide de réunir la Belgique et les Provinces Unies des Pays Bas et de former une seule nation, ceci, sans consultation populaire. Guillaume 1er d’Orange est nommé roi de ce pays. Mais, autoritaire, il favorise les Hollandais dans toutes les fonctions ministérielles, administratives et militaires et veut imposer leur langue à tout le pays. Les Belges se révoltent en 1830 et une armée formée de volontaires bat l’armée du pays. En 1831, le pays est reconnu par la conférence de Londres, une constitution très libérale est rédigée, un roi est nommé et le pays devient un pays neutre.

Bruxelles est aujourd’hui une belle ville moderne qui a pris de l’importance grâce à la présence des institutions européennes.

Contenu éditorial Do Tours ©