Histoire de Alicante

Alicante à travers le temps

Les débuts : Il n’y a pas de preuve de l’existence d’habitations sur le site d’Alicante, avant qu’Hamilcar Barca, chef des Carthaginois, ne vienne installer son quartier général au sommet du mont Benacantil, juste avant la seconde guerre punique (– 218). Par contre, il y avait un village ibère un peu plus au nord, Leukante, que les Romains investirent en – 201 et appelèrent Lucentum. A Lucentum, une rivière, la Albufereta, débouchait dans la mer, ce qui permit aux Romains de créer un port maritime et fluvial. Mais vers la fin de la domination romaine, le fleuve s’ensabla, ce qui élimina le port. De plus, les environs étaient couverts de marais et marécages insalubres. La population se déplaça alors vers le rocher de Benacantil.

La domination maure : Entre 718 et 1248, la ville est sous la domination maure ; la ville qui se développe s’appelle maintenant Medina Al Lagant. Elle est soumise à l’histoire générale d’Al Andalus : Califat de Cόrdoba, Taïfas.

La reconquête : En 1179, le roi Alfonso VIII de Castille et Alfonso VII d’Aragon signent le traité de Cazola définissant leurs zones d’influences et leurs plans de reconquête. En 1243, Muhamad ben Hud, roi de la Taïfa de Murcia signa le traité d’Alcaraz avec l’infant Alfonso de Castille, qui deviendra Alfonso X el Sabio, et demanda à se placer sous le protectorat de la Castille. Alicante faisait partie de cette Taïfa. Mais le gouverneur d’Alicante, Zayyan ibn Mardanis n’accepta pas ce traité et il fut obligé de quitter la ville en 1247 avec ses partisans. Alicante fut alors gouverné pendant 48 ans par la Castille.

Sous la dominatin de la Castille (1248-1296) : Alfonso X El Sabio essaya alors de repeupler la ville d’Alicante par des chrétiens. Comme cela ne se fit pas facilement, le roi accorda des privilèges importants et des franchises aux chrétiens qui venaient  s’y installer et à la ville : exemptions fiscales, instauration d’une nouvelle municipalité regroupant plusieurs petites municipalités, autonomie importante, bénéfices importants accordés au port d’Alicante considéré comme essentiel. Entre 1264 et 1266 les populations musulmanes de plusieurs villes de la région de Murcia se rebellèrent ; les Castillans et les Aragonais s’unirent pour écraser cette révolte.

Sous la domination de l’Aragon (1296-1707) : Après une entente secrète entre Castille et Aragon, la Castille laissa le pouvoir sur le région de Murcie à l’Aragon, en échange de son aide pour la consolidation du pouvoir en Castille. L’Aragon laissa à Alicante ses anciens privilèges, en les adaptant à la nouvelle situation : la création du royaume (sans roi) de Valencia dont Alicante et Murcia firent partie. La repopulation d’Alicante continua, cette fois par des Catalans et des Aragonais. Mais une grosse crise arrivait : disette en 1333, guerre entre l’Aragon et une coalition de nobles du royaume de Valencia et de celui d’Aragon (1348), peste noire (1348), guerre des Pedros (Pedro I de Castille et Pedro IV d’Aragon, 1356-1366). Après cela, Pedro IV s’efforça de réactiver l’économie et la paix sociale, ce qui n’empêcha pas l’attaque contre les Juifs de la ville en 1391, et qui signifia la fin de leur présence à Alicante. Au XVe siècle et dans les siècles suivants, il y eut des attaques contre la ville mais cela ne l’empêcha pas de développer son agriculture (raisins, vin, épeautre, fruits secs), et son commerce grâce à son port important.

XIXe siècle : Pendant ce siècle, l’esprit libéral de la ville se développa : liesse populaire lors de la promulgation e la Constitution de 1812, disparition de l’inquisition, peu de volontaires pour réprimer les libéraux en 1824, appui à la rébellion de Boné en 1844, appui à la révolution de 1854, 1er club républicain en 1868, municipalité républicaine en 1870. Mais ce siècle fut aussi marqué en 1854 par une grave épidémie de choléra.

XXe siècle : Alicante fut fidèle à son idéal républicain et en souffrit car elle fut bombardée par les avions de l’Italie fasciste, qui détruisirent 700 édifices et tuèrent 500 personnes. En 1939, les troupes franquistes prirent la ville et les dirigeants républicains furent emprisonnés.

Puis, petit à petit, les choses s’arrangèrent et Alicante se développa à nouveau, avec en plus le tourisme qui apporta un nouvel atout à la ville.

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