Histoire de Las palmas de gran canaria

Las palmas de gran canaria à travers le temps

Histoire des Iles Canaries

Les premiers peuplements : On pense que le premier peuplement des îles Canaries s’est fait vers – 1500  puis s’est poursuivi de manière irrégulière. Il semble que les immigrants venaient surtout de l’Afrique du nord voisine et plus particulièrement du Sahara, mais aussi d’Europe : une grande partie semblent avoir été des Berbères. Mais on ne sait que des choses partielles de leurs modes de vie, de leur organisation, de leurs croyances. De toutes façons les peuples de ces îles n’avaient pas de relations entre eux et ils avaient tous des noms différents : les Guanches vivaient à Tenerife, les Majos à Lanzarote, les Majoreros à Fuerteventura, les Bimbaches à El Hierro, les Auaritas dans l’île de La Palma, les Gomeros dans l’île de la Gomera, les Canarios dans la Grande Canarie. Maintenant, on désigne tous ces peuples du nom de Guanches ou de Canariens. Bien que ces peuples soient venus sur des embarcations, il semble qu’au fil du temps ils aient complètement oublié l’art de la navigation et que pour cette raison, il n’y ait pas eu de contact entre les îles.

Les peuples, coupés du reste du monde, semblent avoir vécu dans une sorte d’âge de pierre, les tribus étant réparties en plusieurs petits royaumes, qui cependant se sont unifiés quand la conquête espagnole a commencé. On pense qu’ils étaient entre 50000 et 70000. Ils parlaient une langue dans laquelle on reconnaît des mots berbères ; mais comme il n’y avait pas de contact entre les différentes îles, les langues se sont vite éloignées les unes des autres. On leur connaît aussi une écriture voisine de l’écriture lybico-berbère. Une curiosité : à Gomero il existe encore une langue où les mots ont été remplacés par des sifflements ; cette langue est enseignée actuellement !

Les Guanches vivaient de l’élevage de chèvres, de moutons et de porcs et de l’agriculture (orge, blé, légumineuses) ; ils pratiquaient le « saut du berger » en s’appuyant sur un long bâton en bois pour sauter d’une terrasse sur une terrasse située en contrebas : aujourd’hui c’est devenu une attraction touristique. Les cultures se faisaient en terrasses et étaient arrosées par un système d’irrigation ingénieux. Les Guanches pratiquaient aussi la chasse à des sortes de grands lézards endémiques, aujourd’hui disparus, et la pêche, mais à partir de la terre ferme. Ils ne connaissaient par le fer et avaient pour seules armes des couteaux en pierre et des lances en bois. Ils connaissaient la poterie, mais pas le tour du potier ; ils peignaient les vases avec de l’ocre et les décoraient de motifs ondulés. Mais ils utilisaient aussi des vases en bois, des peignes en bois, des meules en pierre, des vessies de chèvres, des sacs en cuir et des sacs faits de joncs. Ils avaient des bijoux faits de coquillages, de boules d’argile, de pierres ou d’os. Ils vivaient dans des grottes ou dans des huttes de pierres recouvertes de paille. Ils se mariaient par consentement mutuel. Ils aimaient beaucoup le chant et la danse, et au cours des fêtes, ils pratiquaient la lutte, le lever de pierres, le combat à l’aide de bâtons. On a trouvé des crânes trépanés. Ils s’habillaient et se chaussaient avec des peaux de bêtes, mais pouvaient aussi se déplacer nus en raison du climat clément.

Chaque tribu avait un roi ; il y avait des nobles et des gens du peuple. On pouvait devenir noble en prouvant qu’on avait réalisé une prouesse particulière, mais il fallait être capable de répondre à des questions.

La religion était surtout développée à Tenerife où on adorait Achamán, roi du ciel , Magec, dieu du soleil, Chaxiraxi, déesse-mère et Guayota, le démon. Certaines tribus avaient des oratoires, comme Bentaiga dans la Grande Canarie ; les temples étaient parfois accompagnés de sortes de couvent où vivaient des jeunes filles, comme des nonnes. Mais la religion n’était pas organisée partout.

 

La conquête espagnole : Les Européens avaient oublié l’existence des îles Canaries alors qu’elles étaient visitées par les Arabes au moyen âge. Mais les navigateurs européens du XIVe siècle les redécouvrirent et elles furent visitées par les Mallorquins, les Portugais et les Gênois. Le gênois Lancelloto Malocello s’installa à Lanzarote en 1312, les Mallorquins envoyèrent des missionnaires dans les îles de 1350 à 1400.

La conquête commença en 1402 avec la prise de Lanzarote et se termina en 1496 par celle de Tenerife. Avec leurs armes de pierre, les aborigènes n’étaient pas de taille à résister. Au début ce fut une « conquête de seigneurs », où des navigateurs venaient de leur propre initiative conquérir des îles, tels les normands Jean de Bethencourt et Gadifer de la Salle, qui conquirent facilement Lanzarote dans l’intention d’exploiter l’orseille, un lichen utile pour la teinture des tissus. D’autres îles furent conquises dans de mêmes conditions : LanzaroteFuerteventuraLa Gomera et El Hierro.

A partir de 1478, c’est le royaume de Castille qui entreprit la conquête des autres îles. La Castille fonde Real de las Palmas en 1478 et conquiert totalement l’île en 1483, dans des conditions plus difficiles : des montagnes nombreuses, une population mieux organisée que celle des petites îles. Puis ce fut le tour de La Palma (1492-1493) et de Tenerife (1496) : les autochtones obtinrent d’abord une victoire, puis eurent recours à une guérilla, avant de se rendre en 1496.

 

XVIe à XVIIIe siècles : Les Castillans imposèrent la monoculture de la canne à sucre, puis de la vigne. Des gouverneurs des colonies espagnoles de la Gran Canaria et de Tenerife furent nommés et les îles furent organisées. Santa Cruz de Tenerife et Las Palmas devinrent des haltes pour ceux qui voulaient se rendre aux Amériques et le commerce se développa ; la prospérité des îles attira de nombreux marchands qui y construisirent de riches palais. Mais cela attira aussi des pirates ; les Turcs notamment attaquèrent les îles et prirent même Lanzarote en 1585. La pire attaque fut celle de Hollandais qui attaquèrent Las Palmas avec 74 bateaux et 12000 hommes ; ils purent être repoussés. En 1618, les pirates turcs prirent 1000 prisonniers pour les vendre comme esclaves et en 1797, les Anglais commandés par Nelson, attaquèrent Santa Cruz mais ne purent prendre la ville.

XIXe et XXe siècle : La baisse du prix du sucre créa une récession dans les Canaries ; de nombreux Canariens émigrèrent en Amérique du sud. Mais la baisse du prix du sucre fut compensée par la commercialisation de la cochenille, un insecte nuisible mais dont on pouvait tirer l’acide carminique, utile pour combattre les autres insectes. Le commerce avec l’Amérique du sud se développa. Il y eut également des difficultés d’exportation des bananes, mais pas d’autres problèmes particuliers. Le fait nouveau à la fin du XXe siècle est le développement extraordinaire du tourisme ; 10 millions de passagers annuels à l’aéroport de Las Palmas et 10 millions à celui de Tenerife. C’est la plus importante ressource de la province, autonome depuis 1982.

 

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