Histoire de Palma de majorque

Palma de majorque à travers le temps

Préhistoire :  Il semble que les îles Baléares aient commencé à être occupées au IIIe millénaire avant JC. par des tribus venues du golfe du Lion. Elles vivaient de l’agriculture de céréales et de l’élevage de chèvres, brebis, vaches et cochons ; il ne semble pas qu’elles aient profité des ressources marines. Dès le début les individus fabriquèrent des objets en céramique et des objets en cuivre. Vers – 2000 ils subirent les influences de la culture campaniformes (vases en forme de cloches), surtout à Mallorca. Ils vivaient en commun dans de petits groupes de cabanes circulaires ; ils ont laissé des dolmens, des para-dolmens et des navetas, constructions en forme de navire renversé souvent utilisé pour ensevelir les morts. Mais à partir de la fin du 2ème millénaire, on assiste à une concentration plus importante de la population, à une hiérarchisation, à l’apparition d’une plus grande quantité d’outils et d’armes en cuivre.

Talayotes : Il n’y a pas de chronologie précise concernant la civilisation dite tayalotique ; le musée de Minorca, où la culture talayotique a été la plus développée, propose la chronologie suivante.

(–1500 ; – 1000 ) : L’arrivée d’étrangers incite la population à se regrouper davantage et à privilégier les murailles et les talayotes, ce qui entraîne une hiérarchisation et une spécialisation du travail, une accentuation des rituels et des croyances religieuses. Le tayalote est une grande tour tronco-pyramidale construite à partir d’imposants anneaux concentriques de grandes pierres, les interstices étant remplis par des pierres plus petites. A Mallorca les talayotes ont une chambre intérieure.

(–1000 ; – 700 ) : Intensification de la tendance précédente ; construction de sanctuaires uniques en méditerranée : les taulas. Ce sont des édifices en forme de fer à cheval délimités par des murs cyclopéens où sont intercalées des colonnes ; en son intérieur il y a une grande colonne monolithique à base rectangulaire couronnée par un large chapiteau plat analogue à une table.

(–700 ; – 300 ) : Les nombreux contacts commerciaux avec les Grecs, les Phéniciens, les Carthaginois, incitent encore plus à développer des bastions et des tours de défense. La construction des maisons évolue et on trouve des maisons circulaires construites autour d’un patio ; des objets somptuaires en bronze et des armes en fer apparaissent.

(–300 ; – 123 ) : Le commerce s’intensifie, mais petit à petit, la présence romaine pèse sur l’île qui est alliée à Carthage, mais qui reste seule quand Carthage est vaincue. La présence romaine est désormais inéluctable.

Les Romains : ils conquirent Mallorca en – 123 et ils fondèrent la ville de Palma sur un ancien site talayote ; ils fondèrent aussi Pollentia sur un site phénicien. Pollentia fut leur port pour le commerce avec les peuples méditerranéens du nord et Palma fut plutôt tourné vers l’Espagne Saguntum (Sagonte), Gadès (Cadix), Carthago Nova (Cartagène), et avec Carthage. Il reste très peu de vestiges romains à Palma.

Les Invasions : Après le déclin de Rome, Palma fut envahie plusieurs fois par les Vandales puis fut reconquise par Byzance. Mais on sait très peu de choses de cette période.

Les Maures : La ville fut sous domination maure entre 902 et 1229 ; elle resta la capitale de l’île. On peut partager cette période en 3 parties.

Sous la domination des Ommeyades : En 707, une flotte maure se présenta devant Palma et convainquit les dirigeants de la ville d’accepter un arrangement : moyennant une taxe, la population était libre de garder ses structures sociales, économiques et politiques, et de pratiquer sa religion. La ville était donc vassale du Califat des Ommeyades mais elle jouissait d’une complète autonomie. Il y eut par la suite de nombreux raids vikings qui saccagèrent la ville. L’émir de Cordoue, qui voulait agrandir son territoire,  profita de l’un de ces raids pour chasser les Vikings et en même temps incorporer les îles Baléares dans son territoire en 902.

Sous la domination de l’Emirat de Cordoue : Les habitants de Palma perdirent alors leur autonomie et furent donc forcés d’accepter de nouvelles règles. Le commerce et l’industrie se développèrent suivant le vouloir des occupants maures. Et ce fut positif au début car Palma devint un port important de l’émirat de Cordoue.

Dénia-Taifa des Baléares : Au XIe s., le pouvoir des Ommeyades déclina et ils ne furent plus capables d’imposer leur domination ; les gouverneurs nommés par eux formèrent des Taïfas, des sortes de royaumes indépendants n’obéissant plus aux Ommeyades. Ces taïfas étaient dirigés par des Berbères, des Arabes ou des Slaves. Palma fit partie de la Taïfa de Dénia à partir de 1015. Pendant cette période, Palma devint le port d’où partaient les attaques contre les vaisseaux et des contrées chrétiennes ; il y eut notamment une attaque contre la Sardaigne. Cette période qui dura jusqu’en 1087 fut relativement calme pour Palma. Mais en 1087, la taïfa de Dénia fut conquise par celle de Saragosse, ce qui libéra momentanément Mallorca d’un joug.

Une relative indépendance : Sous la domination de Saragosse, la population vivait d’agriculture et de piratage ; cela incita les Italiens, Catalans et Occitans à réagir. Ils saccagèrent Palma. Les Almoravides originaires du Maroc occupèrent toutes les taïfas, dont celle de Palma, pour pallier la faiblesse des taïfas devant les attaques des Chrétiens qui menaçaient de reconquérir les possessions maures.

Sous la domination des Almoravides : En 1155, Palma fut donc intégré dans le territoire des Almoravides.  Mais en 1157, les Almoravides furent remplacés par les Almohades, plus intégristes qu’eux. Cependant les îles Baléares restèrent gouvernées par un Almoravide (Banu Ganiya), qui, conscient de sa faiblesse, se rapprocha des villes italiennes Gênes et Pise en leur accordant des concessions commerciales dans les Baléares. Mais la ville fut capturée par les Almohades en 1203.

La reconquête chrétienne : En 1229, après 3 mois de siège, la ville fut conquise par Jaime I d’Aragon. Son fils, Jaime II de Mallorca, se lança dans un programme de constructions : le château de Bellver, les églises Santo Francesc et Santo Domingo, le palais de l’Almudaina, la cathédrale de Mallorca. La ville fut d’abord prospère grâce à son commerce avec la Catalogne, Valence, la Provence, le Maghreb, les républiques italiennes. Mais au XVIe s., la révolte des paysans contre Charles Quint et les continuelles attaques des pirates turcs et berbères causèrent beaucoup de torts à Palma. Un épisode moins glorieux : en 1391, des émeutes contre les Juifs firent de nombreuses victimes et forcèrent les autres à fuir.

Du XVII au XIXe s. : Un XVIIe s. peu glorieux : il y eut d’abord un partage de la ville entre deux clans, ce qui nuisit au commerce, le port devint un port de pirates, puis l’inquisition se livra à sa sombre besogne. La chute de Barcelone en 1715 signifia la fin de la guerre de succession d’Espagne avec la chute de la couronne d’Aragon. Philippe V prit en mains la destinée de Palma. En 1833, Palma devint la capitale de la province autonome des Baléares. L’occupation de l’Algérie au XIXe s. par la France libéra Palma des continuelles attaques des pirates algériens et son port put à nouveau prospérer.

XXe s. : Le grand changement fut le développement spectaculaire du tourisme : de 50000 en 1960, les touristes passèrent à 7 millions en 1997 puis 19 millions en 2001. Mais elle a d’autres ressources : exportation de produits agricoles et production minière de cuivre, plomb et marbre.

 

 

 

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