Histoire de Valence

Valence à travers le temps

Epoque préromaine : On a récemment découvert des vestiges des IVe et IIIe siècles avant JC dans le sous-sol de Valencia, dont une construction hydraulique rectangulaire couverte de céramiques ibères et puniques, et un puits qui contenait des amphores provenant d’Ibiza, de Cádiz et du nord de l’Afrique. On a aussi trouvé une pièce de monnaie carthaginoise. Il y avait donc un commerce entre les Ibères de la région et les Carthaginois, et notamment un commerce de céramiques de luxe.

Epoque romaine :

Fondation : En – 138, le consul romain Décimo Junio Bruto Galaico libéra ses troupes qui avaient fait preuve de bravoure au cours de la guerre de Lusitanie, et les récompensa en leur donnant des terres sur une île du Rio Turia qui sera plus tard sur la Via Augusta ; ainsi fut fondé le village de Valentia Edetanorum, dans une région occupée jusque là par les Ibères edetans. Rapidement il y eut 2000 habitants et plus tard le village devint une colonie ; son centre était situé aux environs de la cathédrale actuelle : c’est là que se trouvait le forum et l’intersection du Cardus et du Decumanus.

Nouvelle fondation : En 75, la guerre entre Pompée et Sertorius entraîna la destruction partielle de Valentia, qui fut abandonnée pendant 50 ans. Elle fut reconstruite à la fin du règne d’Auguste et au IIe s. elle devint une ville romaine importante avec des édifices gigantesques, dont un cirque d’une capacité de 10000 personnes.

Bas-Empire : Au IIIe s., la ville connut les mêmes problèmes que les autres villes de l’empire et fut détruite entre 260 et 270, puis reconstruite mais dans des proportions moindres. Une communauté chrétienne commença à émerger et, en 304, Saint Vincente y mourut en martyr ; plus tard on érigea une église au-dessus de sa tombe.

 

Epoque Wisigothe : A partir du Ve s., l’Eglise dirigea la ville et transforma les temples romains en églises, tirant parti du vide du pouvoir romain. Ce fut l’époque des vagues d’envahisseurs germaniques : Souabes, Vandales, Alains, Wisigoths. Sur la domination de ces derniers arrivants, on ne sait pas grand chose : vers 525, il y avait en Espagne 5 millions de personnes dont 100000 Souabes, 200000 Wisigoths, de nombreux Juifs, et une grande majorité d’hispano-romains. Les Wisigoths, qui s’étaient convertis au christianisme, avaient le pouvoir ; ils repoussèrent une invasion byzantine.

 

Epoque musulmane :

Le Califat : Les Maures conquirent la ville en 711 ; sans véritable guerre, car, après quelques escarmouches, elle capitula en raison des conditions avantageuses offertes par un assaillant plus fort. Les chrétiens pouvaient continuer à vivre dans leurs maisons, pouvaient pratiquer leur religion et leurs règles juridiques et administratives étaient respectées. Ils devaient cependant s’acquitter d’un impôt supérieur à celui des musulmans. La vie des chrétiens de Valencia sous la domination arabe fut donc plus facile que celle des villes qui avaient résisté. Valencia fit partie du califat de Damas, puis de celui de Cordoue. Les générations ultérieures adoptèrent en majorité la langue, la religion et les coutumes musulmanes.

La Taifa : Quand le Califat de Cordoue s’écroula en 1010, une multitude de petits royaumes, des taifas, se forma, dont celle de Valencia, qui devint la Taifa de Balansiya. Ce fut la période la plus prospère de la ville : un système efficace d’irrigation fut créé, les cultures furent développées et le commerce avec les régions chrétiennes se développa. Le roi Abdallah  construisit un palais entouré d’un jardin, la Russafa, qui est aussi le nom d’un quartier actuel. La majorité des habitants se convertit à l’islam. L’actuel quartier du Carmen fut transformé en une huerta et le quartier épiscopal devint un souk voisin du palais du gouverneur. En 1011, Mubarak et Muzaffar entreprirent des améliorations dans la ville, mais au prix d’impôts très lourds, ce qui provoqua une révolte populaire : ils furent renverses. La période suivante, entre 1021 et1061 fut une période de prospérité et de paix ; de grands ouvrages d’ingénierie furent réalisés, comme la fortification de la ville. En 1088, une grande inondation endommagea gravement Valencia.

Le Cid Campeador : Rodrigo Diaz de Vivar n’a rien à voir avec le Cid de Corneille : ce fut un chevalier mercenaire, habile et courageux au combat, mais qui vendit ses services tantôt à des chrétiens, tantôt à des musulmans. Il conquit Valencia après l’avoir défendue contre des assiégeants en 1094, et la gouverna jusqu’à sa mort en 1099. La période 1087 et 1094 fut une période d’une extrême confusion : Valencia fut assiégée par Al Mundir de Lérida et par le Comte de Barcelone, par Al-Musta'in, roi de Saragosse, le roi de Léon et Castille avec des génois et des pisans, etc…par des alliances qui se faisaient et se défaisaient. 

En 1101, le roi Alphonse VI de Castille ordonna l’évacuation de la ville qui tomba alors aux mains des Almoravides. Zayd Abu Zayd fut le dernier gouverneur de Valencia et il se proclama roi, se séparant complètement des Almohades. Son successeur Zayán Ibn Mardanix se fit vassal du roi Jaime I d’Aragon.

La royaume de Valencia (1238-1707) :

XIIIe s. : Le roi Jaime I d’Aragon assiégea la ville en 1238 : elle contenait alors 120000 musulmans, 65000 chrétiens, et 2000 juifs. Zayán Ibn Mardanix accepta de se rendre sans combattre ; les habitants purent continuer à vivre comme avant, avec la liberté de culte, comme cela avait été le cas sous la domination de Zayán Ibn Mardanix. La ville connut alors une période prospère. Le roi Jaime I el Conquitador, roi d’d’Aragon et comte de Barcelone, créa le royaume de Valencia à l’intérieur du royaume d’Aragon, et ce royaume dura jusqu’en 1707 : la ville avait son administration et elle gérait seule ses affaires, en suivant les lois qui lui étaient propres et qui n’étaient pas celle du royaume d’Aragon. Le royaume de Valencia avait son identité politique propre, ses propres institutions, sa propre culture et ses traditions, sa monnaie, sa langue, son administration et ses droits de douane.

XIVe s. : En 1348 une peste noire fit des ravages dans la ville, et un peu plus tard, les habitants se rebellèrent contre les excès du roi. En 1363 et 1364, la ville repoussa un siège des Castillans et reçut les louanges du roi d’Aragon Pedro el Ceremonioso. Malgré une certaine convivialité entre les communautés religieuses, en 1391, les chrétiens attaquèrent le quartier juif et les obligèrent à se convertir au catholicisme. Plus tard, en 1456, ils firent de même avec le quartier musulman.

XVe s. : Ce fut le siècle le plus prospère de Valencia. En 1415, le roi Alfonso el Magnanimo se maria à Valence avec Maria de Castilla, qu’il nomma gouverneur de la ville. De grands bâtiments furent construits à cette époque : Torres de Serranos, la Lonja de la Seda, El Micalet ; on créa une banque commerciale au service du commerce. L’imprimerie se développa, la peinture, la sculpture, la littérature prirent leur essor.

XVIe s. : Création de l’université

XVIIe s. : Les Maures et les Juifs sont expulsés. Valence soutient la Catalogne dans son insurrection contre le pouvoir central, ce qui entraîne son invasion par des troupes. Le commerce périclite par manque de dynamisme.

XVIIIe s. : Au cours de la guerre de succession espagnole (1701-1714), entre les Bourbons et les partisans de l’archiduc Karl d’Autriche, Valencia choisit les seconds, qui perdront. Elle sera punie en 1707 par le Decreto de Nueva Planta qui abolit les privilèges de la ville. A partir de cette date, l’histoire de Valencia rejoint celle d’Espagne.

Guerre d’indépendance (1808-1814) : Les Espagnols avaient compris que les troupes françaises, qui devaient traverser l’Espagne pour aller combattre les Anglais au Portugal, avaient en réalité l’intention d’envahir l’Espagne. Le 2 mai 1808, le peuple de Madrid se souleva et affronta les troupes françaises ; l’insurrection échoua et de nombreux mutins furent fusillés (révolution du dos de mayo). Cela déclencha la fureur dans toute l’Espagne, en particulier à Valencia. La population obligea les autorités de la Ville à déclarer la guerre à la France. Elle fut plusieurs fois assiégée par les troupes françaises et résista courageusement, mais finit par être prise en 1812. Les Français se retireront en 1813.

Beaucoup plus tard, au cours de la guerre civile (1936-1939), Valencia se singularisa et prit partie pour les forces révolutionnaires ; elle fut même pendant un temps la capitale du mouvement républicain.

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