Histoire de Athènes

Athènes à travers le temps

Fondation : Athènes fut certainement fondée par les Mycéniens au 3ème millénaire avant JC, sur la colline abrupte de l’acropole, haute de 156 m, facile à défendre. La citadelle était en outre protégée par les deux rivières Céphise et Ilissos. On ne sait rien de précis sur son histoire, sinon ce qu’en disent les mythes : avant – 594, elle aurait été gouvernée par 10 rois, dont le premier fut Thésée qui fit d’Athènes la capitale de l’Attique. 

Vers la démocratie : Après la période royale, Athènes fut gouvernée simultanément par 9 archontes choisis parmi les patriciens. Le peuple n’avait qu’un pouvoir consultatif. Mais bientôt, les Archontes n’arrivèrent plus à s’entendre, et le peuple réclamait plus de participation, ce qui eut pour conséquence la dictature de Dracon, qui prit des mesures « draconiennes » pour rétablir l’ordre. Ce fut un échec. 

Les aristocrates firent alors appel à Solon en – 594 ; celui-ci rédigea une constitution donnant le pouvoir aux classes les plus aisées, mais abolit la servitude et l’esclavage pour dettes, et prit des mesures en faveur des classes populaires. Il entreprit de grandes constructions.

L’époque des tyrans : La classe moyenne était mécontente et réclamait le droit de vote. Cela favorisa l’accession au pouvoir d’un tyran favorable au peuple : Pisistrate. Il développa le commerce maritime, l’économie et le port du Pirée. A sa mort, le pouvoir passa à ses fils qui sont cependant chassés en – 510 et remplacés par d’autres tyrans, dont Clisthène. Pendant cette période, de nombreux travaux furent entrepris : nouvelle enceinte, adduction d’eau, égouts, rues, bâtiments dont le Lycée. On commença à frapper des monnaies.

La démocratie : Clisthène créa la Boulè ou Conseil des 500, élus par le peuple, à raison de 50 délégués par région. Ses décisions étaient soumises à l’approbation d’une assemblée du peuple, l’Ecclesia. De plus, l’Héliée était un tribunal dont les magistrats étaient élus et les juges tirés au sort.

L’ostracisme permettait d’exiler pendant 10 ans un citoyen considéré comme nocif pour la démocratie. Le pouvoir exécutif était assuré par des archontes et des stratèges.

Les Perses : Par deux fois, Athènes est attaquée par les Perses, comme le reste de la Grèce, en – 490 et en – 479. Les Athéniens chassent les Perses après la victoire de Marathon pour la première invasion, la victoire de Salamine sous la conduite de Thémistocle pour la seconde. 

L’âge d’or : Il commence avec l’arrivée au pouvoir de Périclès  (– 494 ; – 429) issu des partis populaires. Il institue l’Assemblée Citadine et donne à Athènes le statut de capitale de la Ligue de Délos, une alliance contre les Perses. Avec l’aide du grand sculpteur Phidias, il fait reconstruire les monuments de l’Acropole détruits par les Perses et développe la partie basse de la ville. Peu à peu, Athènes conquiert toute la Grèce qui devient un empire puissant.

Le déclin : La guerre du Péloponèse (– 434 ; – 404) marque le début du déclin d’Athènes qui s’incline devant Sparte. La nouvelle puissance forte de la région devient la Macédoine et en raison de la désunion de la nouvelle ligue à laquelle appartient Athènes, elle doit se soumettre à Philippe II de Macédoine. Après – 323, année de la mort d’Alexandre le Grand, Athènes stagne.

Athènes romaine : En – 86, Sylla conquiert Athènes qui tombe ainsi sous la domination de Rome. Les Romains profitent de l’avance culturelle des Athéniens et prennent souvent la civilisation grecque pour modèle. Ils copient leurs temples, leurs statues, leur mode de vie. L’empereur Hadrien, amoureux de la Grèce fait construire des monuments à Athènes.

Avec le déclin de Rome, Athènes est successivement pillée par les Hérules, les Wisigoths, les Slaves, avant de faire partie de l’Empire Byzantin entre le 6ème et le 13ème siècles.

A partir de 1204, date de la 4ème croisade, et jusqu’en 1458, Athènes est dominée par des Latins : Bourguignons, Catalans, Vénitiens. Les Ottomans s’installent à Athènes de 1458 à 1833.  Toutes ces civilisations ont laissé des traces dans les monuments et dans la vie des Grecs, les mentalités, les habitudes culinaires.

En 1834, le prince bavarois Othon est proclamé roi de Grèce par les grandes puissances qui ont aidé les Grecs à obtenir leur indépendance. Il est renversé par la révolution de 1862.

Entre 1919 et 1922, la guerre gréco-turque se solde par une défaite pour les Grecs qui sont obligés d’absorber plus d’un million de Grecs installés dans les possessions turques, d’où de grosses difficultés.

La seconde guerre mondiale fut également un désastre pour la Grèce malmenée et maltraitée par l’armée allemande.

L’entrée de la Grèce dans l’Europe en 1981 résolut quelques problèmes, mais la situation reste catastrophique pour la Grèce dont la dette est colossale.

Les différents âges de la Grèce

Néolithique : Cette période se place encore dans l'âge de la pierre. La révolution du néolithique, c'est à dire la pratique de l'agriculture et de l'élevage, fit son apparition en Grèce au VIIe millénaire avant JC. Les hommes jusque là vivaient en petits groupes, de chasse, de pêche et de cueillette. Désormais les hommes purent s'organiser en villages et se répartir les tâches, n'étant plus astreints à la recherche quotidienne de nourriture. La poterie fit son apparition, ainsi que des statuettes représentant souvent des femmes enceintes. A Sesklo, il y eut jusqu'à 4000 personnes vivant à l'intérieur d'une enceinte fortifiée.

Age du Bronze : Avec la capacité de faire fondre des métaux, les hommes franchirent une nouvelle étape, en utilisant le cuivre et le bronze, ce qui leur permit notamment d'avoir des socs de charrue plus solides mais aussi de créer  des armes plus meurtrières. La première civilisation développée de l'âge du bronze fut la civilisation minoenne en Crète ; on ne connaît pas bien son origine, certainement indo-européenne, et la civilisation se maintint de – 2700 à – 1450. Ils avaient une écriture, le linéaire A, pas encore déchiffrée. Les migrations d'Ioniens et d'Egéens débouchèrent, sur le continent, sur la civilisation dite mycénienne : elle est caractérisée par une aristocratie guerrière fortement dominante ; on enterrait cette aristocratie dans des tombes impressionnantes. Cette civilisation créa des villes puissamment fortifiées comme Mycènes et Tirynthe avec des murailles constituées de blocs énormes. Elle dura de – 1600 à – 1100  ; elle envahit la Crète en – 1450 et fit ainsi disparaître la civilisation minoenne. La langue des mycéniens fut l'ancêtre de la langue grecque ; ils adaptèrent l'écriture des Minoens en créant l'écriture linéaire B.

Age du fer : Le déclin de la civilisation mycénienne n'a pas une explication claire. Peut-être est-il dû à l'invasion des Doriens pourvus d'armes en fer, plus efficaces que les armes en bronze. La période (– 1100 ; – 900) est appelée la période sombre : beaucoup d'apports de la civilisation précédente, comme notamment l'écriture, disparurent. Les hommes perdirent leur énergie en guerres internes et externes. 

Grèce archaïque : Vers – 900, la Grèce, tout en étant morcelée en une myriade de petits états en raison de la multitude d'îles et de territoires isolés sur le continent, subit l'influence de civilisations comme celles d'Anatolie, de Syrie, d'Assyrie, de Phénicie et d'Egypte. Les Grecs avaient en effet développé la colonisation et créé de nombreux comptoirs en Méditerranée et tout autour de la Mer Noire, ce qui leur permit d'être au contact avec de nombreuses civilisations. Ils réinventèrent l'écriture en adoptant l'écriture phénicienne et en l'adaptant. La sculpture se développa sur le modèle égyptien (kouroi), ainsi que la poterie souvent caractérisée par des dessins géométriques. Même la mythologie grecque fit des emprunts à la mythologie de l'Assyrie. Il y eut de grands hommes comme Solon à Athènes qui créa une législation remarquable. Il y eut également les 6 autres sages Thalès, Pittacus, Bias, Cléobule, Myson, Chilon. C'est entre – 750 et – 700 qu'Homère composa l'Iliade et l'Odyssée et créa ainsi une mythologie très riche qui allait pénétrer tous les aspects de la vie des Grecs.

Il y eut aussi les philosophes Héraclite (– 544 ; – 504), Thalès (– 625 ; – 547), Anaximandre (– 610 ; – 546), Anaximène (– 585 ; – 525), Pythagore (– 580 ; – 490). En – 776 furent organisés les premiers jeux olympiques. L'armée fut réorganisée par la création de phalanges serrées d'Hoplites lourdement armés. La civilisation recommença à se développer pour s'acheminer vers la période la plus brillante : celle de l'âge classique qui débuta vers – 500 et se termina deux siècles plus tard.

Grèce Classique : Ce fut une période de fort développement intellectuel, mais aussi une période de dissensions et de guerres ininterrompues ; elle commença avec la chute du tyran Hippias d'Athènes en – 510 et la réforme des institutions de Cleisthenes. Les cités bien qu'indépendantes durent s'allier contre les Perses : ces derniers avaient envahi l'Ionie en – 546 et les Ioniens se révoltèrent en – 500, ce qui entraîna le reste de la Grèce dans une guerre. En – 490, les Athéniens battirent les Perses à Marathon et en – 480 les Perses battirent les Grecs aux Thermopyles, avant d'être défaits à Salamine en – 480 et à Platée en – 479. Après une période de calme relatif jusqu'en – 431, la guerre du Péloponnèse, opposant la ligue de Delos dirigée par Athènes à une ligue dirigée par Sparte, et qui ne se termina qu'en – 404 avec la défaite d'Athènes, affaiblit considérablement la Grèce. Une autre guerre, la guerre de Corinthe (– 395 ; – 387), opposa Sparte à une coalition dirigée par Athènes d'abord alliée avec les Perses ; il y eut ensuite un renversement d'alliances, la Perse s'étant alliée avec Sparte, ce qui entraîna la victoire de Sparte. En contrepartie Sparte concéda la Ionie et Chypre aux Perses, ce qui déplut à Thèbes qui attaqua Sparte en – 371 ; conduite par son général Epaminondas Thèbes fut vainqueur et obtint l'hégémonie jusqu'en – 346 année où elle dut faire appel aux Macédoniens. 

Mais ces guerres cachent le formidable développement intellectuel, politique et artistique qui eut lieu surtout à Athènes au cours de cette période et surtout sous le règne de Périclès, mais aussi ailleurs. C'est Périclès qui a fait construire tous les monuments importants, dont on voit encore les vestiges aujourd'hui, sous la direction de Phidias. La démocratie attint son apogée sous son règne. Pendant la période classique, il y eut l'historien Hérodote (– 484 ; – 420), les écoles de philosophie suivantes : Eleates (Xénophon, Zénon d'Elée, Parménide), Atomistes (Leucippe, Démocrite), Sophistes (Protagoras, Gorgias, Antiphon...). Mais surtout, il y eut Socrate (– 470 ; – 399), Platon (– 428; – 348) et bien d'autres intellectuels qui ont marqué les civilisations européennes. Le théâtre se développa avec Eschyle (– 526 ; – 456), Sophocle (– 495 ; – 405), Euripide (– 480 ; – 406) ; le chant prit également une grande importance à Athènes. Il y eut des sculpteurs de génie comme Praxitèle (– 400 ; – 326), Phidias (– 490 ; – 430), Lysippe (– 395 ; – 305), Scopas de Paros (– 420 ; – 330), Léocharès. 

Grèce Hellenistique : A partir de – 338, les Macédoniens dominèrent toute la Grèce et Alexandre le Grand devenu roi en – 336 agrandit le domaine d'influence de la Grèce, ce qui ouvrit une nouvelle période qui durera jusqu'à la domination romaine en – 146. L'usage de la langue grecque s'étendit et sa culture se propagea ; en même temps la Grèce profita de l'apport d'autres civilisations. Plusieurs royaumes furent dirigés par des dynasties d'origine grecque : 

Lagides, Séleucides, Antigonides, Attalides, etc...Quand Rome eut conquis la Grèce, elle profita de toute cette ouverture de la Grèce sur d'autres contrées et continua son action.

Grèce Romaine : Après la conquête complète en – 146, Rome implanta ses institutions et son mode de vie en Grèce, tout en subissant fortement son influence culturelle. Rome adapta la mythologie grecque à ses propres besoins, copia ses sculptures et ses monuments, prit exemple sur elle pour développer le théâtre. Elle laissa une certaine autonomie politique à la Grèce et la Constitution Antonienne octroyée par Caracalla en 212 donna la citoyenneté romaine à tous les Grecs. 

Grèce Byzantine : Quand Constantin I s'installa à Constantinople, la Grèce fit partie du nouvel Empire ainsi créé et développa une influence toujours grandissante, notamment dans le domaine de l'art sacré. Sous l'empire byzantin, la Grèce connut des périodes de prospérité et partagea la richesse de l'empire byzantin. Mais elle connut aussi des difficultés quand elle fut partiellement envahie par des peuples voisins comme les Bulgares par exemple, ou par d'autres conquérants comme les Vénitiens, les Francs de la quatrième croisade, la Compagnie Catalane, les Sarrazins etc...Ces invasions partielles continuèrent d'ailleurs même dans la période suivante.

Grèce Ottomane : Avec cette invasion qui a commencé avant la chute de Constantinople, la Grèce perdit sa personnalité. Une bonne partie des intellectuels migra en Europe occidentale et ne contribuèrent pas peu à l'avènement de la Renaissance. Ceux qui restèrent pouvaient pratiquer leur religion : dans ce cas ils devaient payer de lourds impôts. Pour éviter cela, un certain nombre se convertit officiellement à l'Islam, tout en restant chrétiens. La Grèce profita cependant d'une certaine stabilité apportée par les Turcs et par un développement dans certaines régions mises en valeur. Les côtes restaient cependant soumises aux attaques répétées des envahisseurs habituels. Dans les monastères de montagne, la langue grecque et les traditions étaient cependant conservées et c'est de là que la révolte qui devait aboutir à l'indépendance de la Grèce prit son essor. 

 

Grèce indépendante : La Grèce fut d'abord partiellement libérée en 1829 avec l'aide navale de la France et de la Russie. Le premier président de la république grecque Kapodistrias fut assassiné ; les grandes puissances installèrent alors une monarchie en Grèce. Le roi Otton I, fils du roi Louis I de Bavière fut placé sur le trône en 1832 et s'installa à Nauplie, capitale provisoire en 1833 avant de s'installer à Athènes en 1834. En 1843 le peuple arracha une constitution au roi qui gouvernait de manière autoritaire, et en 1862, une révolte le déposa. 

L'idée d'une grande Grèce commença à émerger et fut soutenue par le premier ministre Eleftherios Venizelos : la guerre des Balkans de 1912-1913 permit à la Grèce de conquérir une grande partie des territoires réclamés. Sa participation à la guerre de 14-18 lui permit d'avancer encore plus dans cette direction. Mais la Turquie de Mustapha Kemal lui déclara la guerre et battit la Grèce ; cette dernière dut rapatrier plus d'un million de Grecs qui habitaient depuis toujours en Asie mineure. Depuis, la situation est à peu près stable sur le plan extérieur. Sur le plan intérieur, la période 1922-1936 ne fut qu'une suite ininterrompue d'escarmouches entre Venizelos et les rois successifs. En 1936 le premier ministre Ioannis Metaxas nommé par le roi instaura un régime autoritaire, sans parlement, sans constitution.

L'Allemagne envahit la Grèce pendant la guerre ; suivit une guerre civile, relayée par des troubles politiques, puis une dictature "des colonels" de 1967 à 1974 qui destitua le roi en 1973. Après 1974, la Grèce devint une république.

Contenu éditorial Do Tours ©

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