Histoire de Budapest

Budapest à travers le temps

Dans les environs de Budapest, on a trouvé des vestiges de l’époque paléolithique. Mais on ne sait pas grand-chose de cette période. En fait l’histoire connue commence avec l’arrivée des Romains qui fondent la ville d’Aquincum vers 89, sur le site d’un campement de Celtes, installé à un endroit où le Danube se rétrécit. Ses vestiges se trouvent à l’intérieur de la ville de Budapest. Aquincum est la capitale de la Pannonie inférieure de 106 à la fin du IVe siècle.

Par la suite, la ville est envahie par les Huns d’Attila, puis par les Goths et les Lombards. A partir de l’an 600, et pendant 3 siècles, la région est dominée par les Avars, un peuple turc de cavaliers nomades. En 829, les Avars sont chassés de la Pannonie par les Bulgares qui construisent les deux villes situées de part et d’autre du Danube : Buda et Pest.

Les ancêtres des Hongrois, les Magyars, conduits par le prince Arpád, arrivent dans le bassin des Carpates en 896 et s’installent au voisinage de Buda et Pest. Il s’agit d’un peuple qui vient d’Asie centrale et qui fait partie du groupe linguistique finno-ougrien. Le finno-ougrien et le samoyède sont les deux langues composantes de la famille des langues ouraliennes. Actuellement, 25 millions de personnes parlent le finno-ougrien en Hongrie, Finlande, etc…Ce sont les Magyars qui fondent la Hongrie à partir de l’an 1000. Ils chassent les Bulgares de la Pannonie.

Le premier roi de Hongrie est le roi Etienne 1er qui se convertit au catholicisme ; il sera canonisé sous le nom de Saint Etienne. Il fait appel à des Français, Wallons et Allemands pour développer le pays. En 1241, les Mongols détruisent presque entièrement Buda et Pest. Le roi Bela IV (1206-1270) doit alors complètement réorganiser un pays ravagé.

Il installe son palais à Buda, repeuple le pays en faisant venir des colons allemands, autorise les nobles à construire des châteaux en pierre pour mieux défendre le pays. Il consolide la structure hautement hiérarchisée et rigide des nobles qui dirigent le pays ; le peuple ne participe pas du tout aux décisions. Il fait construire plusieurs villes, fait frapper des monnaies d’argent de valeurs sûres, ce qui stimule l’activité économique et commerciale. La Hongrie exporte des bœufs, du vin, du sel, importe des draps, de la soie, des épices de Venise, d’Allemagne et de Moravie. Les mines d’argent apportent des revenus non négligeables.

Par le jeu des mariages et des alliances, deux rois angevins, gouvernent la Hongrie. Le roi Carobert règne de 1310 à 1342 ; il diminue le pouvoir des nobles et les assujettit à l’autorité royale. Il introduit les Franciscains et Dominicains en Hongrie, pour contrebalancer l’église locale. Son action économique est importante : il introduit le florin d’or, réorganise l’Etat, développe les villes et les relations commerciales. 

Le roi Louis, qui prend la suite de Carobert, règne de 1342 à 1382, établit une administration rigoureuse et puissante. Il conduit la Hongrie à une puissance jamais atteinte, sur le plan commercial, comme sur le plan humain.

La ville atteint un autre âge d'or au XVe siècle pendant le règne de Mathias Corvin (1458-1490), secondé par son épouse Béatrice de Naples, qui fait de la Hongrie un des foyers actifs de la  Renaissance

La bataille de Mohács entre les troupes hongroises et celles de Suleiman le « magnifique » est une catastrophe pour la Hongrie. Les troupes turques prennent Pest en 1526. La Hongrie est alors partagée entre les Habsbourg, les Ottomans et la principauté de Transylvanie. Cette attaque est la conséquence d’une alliance entre le roi de France, François 1er, battu à Pavie par les Habsbourg, avec Suleiman. Il voulait ainsi affaiblir l’Autriche, et prendre sa revanche sur elle, mais cela a des conséquences tragiques pour l’Europe. 

Les Turcs prennent Buda en 1541 et restent en Hongrie jusqu’en 1686. Pendant toute la période de la domination turque, la guerre est continue sur le territoire hongrois entre les Ottomans et les Habsbourg. Au départ des Turcs, la Hongrie est un pays dévasté.

La Hongrie est alors sous la domination des Habsbourg, et sous les règnes de Charles III, Marie Thérèse et Joseph II, Budapest n’a plus aucun pouvoir. Vienne contrôle tout et une diète hongroise se réunit rarement et ne participe pas aux décisions.

Ce n’est qu’en 1848 que la situation évolue. Des révolutionnaires comme Sándor Petőfi se réunissent pour projeter la chute des Habsbourg et haranguent le peuple. Au parlement, Lajos Kossuth, chef des libéraux défenseurs des droits du peuple mène également l’action. La guerre civile qui se déclenche alors est un échec pour les Hongrois. Les Autrichiens construisent alors une citadelle pourvue de canons pour impressionner la population.

Mais en 1867, le compromis austro-hongrois créée la double monarchie austro-hongroise avec un empereur en Autriche et un roi en Hongrie. Les deux villes Buda et Pest se développent alors rapidement et fusionnent. De nombreux monuments, édifices, boulevards, parcs, lacs sont créés et à la fin du XIXe s., Budapest est un des centres culturels importants de l’Europe.

La première guerre mondiale bouleverse la situation : l’empire austro-hongrois est démantelé, la Hongrie perd des territoires, une guerre entre la Roumanie et la Hongrie est une catastrophe. La seconde guerre mondiale bouleverse encore plus la Hongrie avec l’invasion nazie. Puis c’est l’occupation soviétique jusqu’en 1989.

Heureusement, Budapest est redevenue une ville agréable où les souvenirs d’un siècle tragique sont en partie oubliés, grâce à une reconstruction rapide après la guerre.

Contenu éditorial Do Tours ©