Histoire de Bologne

Bologne à travers le temps

Civilisation de Villanova : La région de Bologne a longtemps été occupée par une population qui avait créé une civilisation dans plusieurs centres voisins de la cité de Villanova entre les rivières Idice et Reno. Cette population a dominé la région entre les IXe et VIe siècles avant JC ; sa civilisation a même reçu le nom de Civilisation de Villanova.

Les Etrusques : A partir du VIe s. avant JC ; les étrusques ont pris le dessus et ont fondé la ville de Felsina, là où aujourd’hui se trouve Bologna. Cette cité avait déjà une organisation avancée et pendant les 2 siècles de leur suprématie, l’habitat a évolué vers une structure plus ordonnée, des maisons plus complexes, parfois construites en pierre.

Les Gaulois : A partir du Ve s., les gaulois de la tribu des Boi envahirent progressivement le territoire et dominèrent l’ancienne population étrusque entre les IVe et IIe s. avant JC. Les anciens villages étrusques furent remplacés par des villages gaulois plus petits, moins organisés, parfois désordonnés et moins homogènes. Les Gaulois furent battus par les Romains en – 225 à la bataille de Talamone, mais ils eurent encore assez de forces pour s’allier aux Carthaginois pour combattre les Romains. Mais la défaite de Carthage les entraîna dans la chute et ils furent définitivement battus en – 196  et en – 191.

Les Romains : Les Romains fondèrent la colonie de Bononia en – 189, nouveau nom de Felsina, et y développèrent un réseau routier important reliant les villes de la région. Entre – 91 et – 88, plusieurs villes se rebellèrent contre Rome ; à la fin de cette « guerre italique », Bononia ne fut plus une colonie, mais devint une commune romaine et ses habitants reçurent la citoyenneté romaine. De nombreux vétérans reçurent des terres à Bononia et les conditions de la vie s’améliorèrent : édification d’un aqueduc long de 18 km, construction d’égouts, de thermes, d’un théâtre, d’une arène, embellissement des édifices publics par du marbre. En 313, l’Edit de Milan, signé par Constantin et Licinius, accorda la liberté religieuse ; un premier évêque fut nommé à Bononia, du nom de Zama.

La décadence de l’Empire Romain d’Occident : A la fin du IIIe s., les barbares envahirent petit à petit l’Italie, ce qui incita les habitants de Bononia à construire une enceinte en blocs de sélénite, qui cependant ne protégeait pas toute la ville. En 430, Petronio fut nommé évêque par le pape : issu d’une famille patricienne de Constantinople, cet évêque eut une action positive sur l’évolution de la ville. Il obtient l’élargissement de la juridiction de la ville, le privilège de pouvoir étudier le droit romain, et il fit construire le complexe de Santo Stefano. Les habitants l’apprécièrent au point de le choisir comme saint patron de la ville. Il mourut en 451. La fin de l’empire romain approchait : Attila attaquait avec ses Huns et Odoacre déposa le dernier empereur Romulus Augustus en 476.

Après les Romains : Bologna subit de plein fouet les violences des Erules d’Odoacre, des Ostrogoths de Théodoric, de l’Empire Romain de Constantinople. Plusieurs siècles d’anarchie et de chaos s’ensuivirent. Entre 727 et 774, Bologna passa sous domination des Lombards : ces derniers s’établirent à l’extérieur des remparts. Ils furent chassé en 774 par les Francs de Charlemagne ; ce dernier plaça la ville sous l’autorité papale, mais sous domination carolingienne, et elle le resta jusqu’à la fin du IXe s., date de la disparition de la dynastie carolingienne. Bologna fut alors incluse dans le « Royaume d’Italie », vestige affaibli de l’ancien empire carolingien.

Sous le Saint Empire Romain Germanique : Comme Charlemagne, le roi d’Allemagne Otton I se fit sacrer empereur du Saint Empire Romain Germanique en 962. Ce fut le début d’une longue lutte pour le pouvoir entre l’empereur et le pape. Ils voulaient tous deux avoir le monopole du choix des évêques et il y eut même des batailles et des querelles qui ne se terminèrent momentanément qu’avec le concordat de Worms, en 1122.

Pendant ce temps, Bologne, à la fois ville impériale et papale, subit d’abord l’influence forte de Mathilde de Canossa, partisane du pape. La ville se développa beaucoup sur le plan économique comme sur le plan démographique : il y eut beaucoup de nouvelles maisons, et il fallut donc construire de nouveaux remparts. Les fils de familles aisées commencèrent à suivre des leçons privées de droit justinien, de logique, de grammaire et de rhétorique, ce qui incita le gouvernement à créer une Université en 1088.

Par la suite Bologne obtint des privilèges de l’Empereur Henri IV du Saint Empire, ce qui lui permit de créer une commune.

L’empereur Barberousse jugeant qu’il n’avait plus assez de pouvoir en Italie y envoya des troupes ; elles furent battues en 1176 par la Ligue Lombarde à laquelle s’était jointe Bologne. La ville obtint de nouveaux privilèges à l’issue de la paix de Constance, dont le droit de frapper sa monnaie. Le commerce de la ville se développa, grâce notamment aux transports par canaux ; le développement de l’énergie hydraulique permit celui de l’industrie textile de la soie. De nombreuses tours et maisons-tours furent construites autour de 1100.

A la fin du XIIIe s. Bologne avait 60000 habitants : elle était au 5e rang des villes d’Europe. européennes.

En 1249, Bologne participa à une nouvelle Ligue Lombarde qui, à la bataille de Fossalta, eut le dessus sur les troupes de l’Empereur Frédéric II, et capturèrent son fils Enzo, qui resta en prison jusqu’à sa mort. La ville se développa beaucoup et de nombreuses constructions se firent : édification d’une nouvelle muraille, construction de palais de la Piazza Maggiore et des églises San Francesco et San Domenico. Puis la ville fut entraînée dans l’âpre lutte entre Gibelins (partisans de l’empereur) et Guelfes (partisans du pape), ce qui freina son développement. Vers 1400, la bourgeoisie parvint à écarter la noblesse du pouvoir et à créer un « Gouvernement du Peuple et des Arts » : il fit construire la Basilique San Petronio, le Palazzo delle Mercanzia et celui des Notai. Le gouvernement des Bentivoglio à partir de 1401 instaura une période de calme et de prospérité qui ne se termina qu’en 1506 quand les troupes du pape Jules II les chassèrent.

A partir de 1506, Bologna fut sous l’autorité du pape pendant 3 siècles, malgré l’opposition fréquente entre le sénat et le pape. Elle connut une longue période de stabilité qui permit une nouvelle phase de développement. L’université se développa avec une importante section de Sciences ; de grands artistes virent le jour comme les Carracci, Guido Reni, il Guercino.

Vers 1789, les idées de la révolution française parvinrent à Bologna ; quelques étudiants fomentèrent une insurrection vite réprimée. Mais l’arrivée des troupes de Napoléon bouleversa l’ordre établi : fermeture des monastères, pillage des œuvres d’art, fermeture du tribunal de commerce, création d’une chambre de commerce, transformation de l’université et de l’Académie des Sciences.

Puis les troupes autrichiennes envahirent une partie de l’Italie, en furent chassées et l’Italie conquit sa liberté. Le reste de l’histoire est connu.

Bologne fut souvent gouvernée par une municipalité de gauche. Elle a toujours encore une université renommée.

Contenu éditorial Do Tours ©