Histoire de Catane

Catane à travers le temps

On a trouvé des vestiges de la préhistoire aux environs de Catania, couvrant la période allant du néolithique à la fin de l’âge du cuivre. Vers le VIIIe s. avant JC, les populations autochtones étaient désignées par les noms italiens de SicaniElimi et Siculi

Les Grecs et Phéniciens : Les Grecs commencèrent à coloniser la Sicile au VIII s. avant JC ; ils commencèrent par fonder les villes Zancle, Naxos, Megara Hyblea, Syracuse et Gela. Puis les habitants de Naxos fondèrent Katane et Leontinoi, ceux de Syracuse fondèrent Casmenai, Akrai et Camarina, et ceux de Gela fondèrent Agrigente.

On ne sait pas de quand date l’arrivée des Phéniciens, installés à l’est de l’île. Les relations entre Grecs et Phéniciens furent tantôt pacifiques, avec des échanges commerciaux, tantôt conflictuelles. Les populations autochtones furent souvent refoulées vers l’intérieur du pays. 

Catania connut son âge d’or au cours du Ve siècle avant JC. Mais en – 476 Gerone I de Syracuse s’y installa après avoir chassé tous ses habitants. Il n’y resta cependant que 15 ans et ses anciens habitants purent y revenir. Au cours de la guerre du Péloponnèse, Catania prit parti pour les Athéniens, contre les Syracusains. Syracuse conquit à nouveau la ville en – 403, chassa à nouveau ses habitants et les remplaça par des mercenaires de Campanie. La ville grecque déclina alors jusqu’à sa prise par les Romains en – 263. 

Les Romains : La Càtina romaine devint une colonie d’Auguste en – 21 ; elle se dota de grands édifices publics qui en firent une des villes les plus remarquables de l’Empire. La ville eut assez rapidement une communauté chrétienne et fut le siège d’une cathédrale vers le IVe siècle. Petit à petit, Catania évolua vers une cité médiévale. 

Vandales et Ostrogoths : Il y eut de courtes occupations de la Sicile par les Vandales de 440 à 496, puis par les Ostrogoths de Théodoric le Grand, de 493 à 555. Catania en souffrit comme toutes les autres villes. Théodoric fit reconstruire les murs de la ville détruits par les Vandales, en utilisant les pierres de l’ancien amphithéâtre romain. 

Les Byzantins : En 535, la Sicile fut conquise par les Byzantins ; ils voulaient s’en servir de base pour contrer les Sarrazins. En 663, Syracuse devint capitale de l’île. Les Byzantins furent définitivement chassés de l’île en 963 par les Sarrazins.

Les Sarrazins : En 827, les Sarrazins commencèrent l’invasion de l’île et ils y resteront jusqu’en 1072. Palermo devint la seconde ville la plus peuplée après Constantinople. Ils développèrent l’irrigation qui permettra un réel développement de l’agriculture. 

Les Normands : Les Normands Roger Guiscard et son frère, le futur Roger I, chassèrent les Sarrazins de Palermo. Le règne de Robert I fut brillant (1072-1101) : il fit construire de nombreux palais et églises et gouverna avec une Cour multiculturelle. Ce fut ensuite le règne de Roger II, de Guillaume I, fils de Roger I et de Guillaume II, fils de Guillaume I. 

En 1169, un séisme fit des milliers de morts à Catania.

Les Souabes : La fille de Roger II, Constance de Hauteville, avait épousé Henri VI de Hohenstaufen, empereur de Souabe, fils de l’empereur Frédéric Barberousse. A la mort de Guillaume II, en 1194, c’est son mari qui devint roi de Sicile. A sa mort, en 1198, son fils Frédéric devint roi à l’âge de 4 ans : il fut remplacé par un conseil de régence et devint effectivement le roi Frédéric I de Sicile à l’âge de 14 ans. Il fut duc de Souabe de 1212 à 1216, et fut élu empereur de l’Empire Romain Germanique en 1211, couronné à Aix la Chapelle en 1215, puis investi par le pape en 1220. Frédéric avait quitté la Sicile en 1212 pour faire valoir ses droits au titre d’empereur, contre un autre prétendant, Othon.

Frédéric II fut un roi éclairé, protecteur des artistes et des intellectuels ; sa Cour fut un lieu de rencontre entre les cultures grecque, latine, germanique, arabe et hébraïque ; il parlait 6 langues et il a écrit des poésies. 

Il retourna en Sicile en 1220 et en profita pour promulguer une constitution, introduire des lois, renforcer l’autorité du roi et élaborer une structure administrative dont une partie durera jusqu’en 1817. En 1239, il fit construire à Catania le Castello Ursino. Il mourut en 1250 et nomma son fils Corrado IV comme successeur.

Ce dernier dut se battre pour reconquérir une partie de son royaume avec l’aide de Manfredi, fils naturel de Frédéric II. Corrado mourut assez rapidement de malaria et Manfredi lui succéda. Sa fille Constance de Souabe épousa Pierre III d’Aragon en 1262. Il resta au pouvoir jusqu’en 1266, malgré l’opposition des papes qui craignaient pour leur pouvoir sur le centre de l’Italie. La papauté utilisa sa technique habituelle : elle excommunia Manfredi  et arriva à causer sa chute par l’intermédiaire de Charles I d’Anjou, qui convoitait la Sicile : il gagna la bataille décisive contre Manfredi. 

Les Angevins : Ce fut le début de la domination des ducs d’Anjou sur la Sicile. Ils ne restèrent cependant pas très longtemps : 1266-1282. Ils lassèrent en effet rapidement la population par une fiscalité opprimante et une réduction du pouvoir des barons locaux. La population se révolta après l’incident des « Vêpres Siciliennes » et réussit à chasser les Angevins, aidée par la flotte aragonaise. Pierre III d’Aragon fut couronné roi de Sicile à Catania. La ville fut souvent choisie par la suite comme siège du parlement et siège de la famille royale.

Les Aragonais : Ils devaient dominer la Sicile de 1282 à 1516. Longtemps encore, il y eut des guerres entre les Aragonais et les ducs d’Anjou qui voulaient récupérer la Sicile. Après une période de désordres, Frédéric d’Aragon fut régent de Sicile de 1291 à 1295, roi de la Sicile étendue à une partie de la péninsule de 1296 à 1302, et roi de la Trinacria (Sicile seule) de 1304 à sa mort en 1337. Le duc d’Anjou avait obtenu le royaume de Naples. Frédéric fut un roi charismatique, bon chef de guerre et bon législateur. Il rédigea une constitution novatrice pour le moyen âge : les régents avaient l’obligation de convoquer le parlement au moins une fois par an. A sa Cour, il accueillit des philosophes, des religieux, des mystiques, des alchimistes, des astrologues et les débats furent nombreux. Il était soucieux d’acquérir des connaissances nouvelles, sentant que le monde était en train de se transformer. 

La guerre entre les Aragonais et les ducs d’Anjou ne se termina qu’en 1372. Les souverains suivants appartinrent à la Maison de Barcelone, puis à la dynastie Trastámara. Cette dernière dynastie réunit la Sicile à la Couronne d’Aragon ; l’île n’avait donc plus une existence propre. En 1442, le roi Alfonso conquit le royaume de Naples. 

Les Espagnols : La domination de la Sicile par l’Espagne commença en 1516, avec l’arrivée au pouvoir en Espagne de Charles Quint, fils de Ferdinand II d’Aragon et d’Isabelle de Castille. Cette domination se terminera en 1713. Pendant cette période, il n’y eut pas de changements profonds ; cependant, les dirigeants de la Sicile furent des vice-rois. La période fut également caractérisée par un renforcement des défenses de l’île, en raison des attaques continuelles des Turcs ou de leurs alliés venant d’Afrique du Nord. 

C’est pendant cette période que Catania fut complètement détruite. Il y eut d’abord une éruption volcanique en 1669 : la coulée de lave fut très importante, mais fut retenue par les murs de la ville. En 1693, la ville fut entièrement détruite, y compris les vestiges de la civilisation grecque. Il y eut 93000 morts dans la région, dont 16000 à Catania. Pendant tout le XVIIIe siècle, la ville fut un grand chantier de reconstruction. Le plan de reconstruction supprima les rues étroites et tortueuses,  pour adopter une structure moderne et antisismique ; palais et églises furent reconstruits dans le style baroque.

Les Piémontais : Après la Paix d’Utrecht (1713), qui mit fin à la guerre de succession d’Espagne, l’Espagne céda la Sicile au royaume du Piémont qui ne la domina que jusqu’en 1720.

Les Autrichiens (1720-1734) : Après le Traité de la Haye, l’île passa sous la domination des Habsbourg d’Autriche. Ils en furent chassés par les Bourbons.

Les Bourbons (1734-1860) : Charles de Bourbon devint roi de Naples et de Sicile en 1734. Il essaya de réformer le statut de l’île : les barons locaux et l’Eglise ayant trop de privilèges, il essaya de les diminuer et de redonner au roi un pouvoir plus fort. Mais ce fut un échec. Après l’expulsion des Jésuites qui possédaient une bonne partie des terres fécondes de la Sicile, leurs terrains furent finalement attribués aux riches, bien qu’ils étaient prévus pour les pauvres. 

En 1773, une révolution populaire à Palermo menaça un moment la stabilité. Cette révolution était cependant pilotée par les barons qui ne voulaient pas perdre leur pouvoir. Et la lutte entre les barons et le pouvoir continua sous Ferdinand III de Sicile. 

En 1806, Napoléon occupa Naples, ce qui obligea Ferdinand III à s’enfuir à Palermo. L’Angleterre aida le roi à se maintenir au pouvoir et son ambassadeur en Sicile conseilla au roi d’octroyer une nouvelle constitution sur le modèle anglais, ce qu’il fit en 1812. Elle abolissait notamment la féodalité, c’est-à-dire le pouvoir exorbitant des barons. 

En 1815, Ferdinand put revenir à Naples et il unifia la Sicile et le Royaume de Naples en créant le royaume des deux Siciles. Naples en devint la capitale, ce qui priva Palerme de son importance ; la constitution de 1812 ne fut plus appliquée. 

Cela provoquera la révolution pour l’indépendance de 1820 ; elle échoua. Nouvelles révolutions en 1837 et en 1848 ; échec. Mais le mécontentement et les révoltes continuèrent jusqu’en 1860, où, grâce à Garibaldi, la Sicile fut définitivement libérée. 

Le reste fait partie de la marche de l’Italie vers l’indépendance.

Contenu éditorial Do Tours ©