Histoire de Florence

Florence à travers le temps

Au VIIe siècle avant JC, les Etrusques ont fondé le centre fortifié de Fiesole sur une colline, qui sera par la suite reliée par des routes aux différents centres étrusques. Ils utilisèrent un gué sur l’Arno, mais ne s’y installèrent pas car ce lieu était plus difficile à défendre. C’est là que les Romains fondèrent en – 59 un village nommé Florentia, destiné aux vétérans de l’armée. 

Les Romains : Ce village avait une importance stratégique évidente : situé sur la route consulaire Via Cassia Nova et au bord d’un gué, elle permettait de contrôler toute la plaine environnante. Aujourd’hui, on retrouve encore la structure de la ville primitive : le forum se trouvait à la Piazza della Repubblica et on peut reconnaître dans les rues actuelles les tracés de l’ancien Decumanus maximus et du Cardo maximus. Cependant aucun des édifices (aqueduc, forum,  thermes, théâtres, amphithéâtres, remparts, tours) n’est visible car on a construit au-dessus de ces édifices. Le Musée Archéologique rassemble tous les vestiges.

Le christianisme : La ville se christianise progressivement ; il y a un premier évêque en 313, en 393, Saint Amboise fait construire l’église San Lorenzo ; l’évêque Zanobi organise le diocèse et met en place une défense de Florentia contre les Ostrogoths qui font le siège de la ville. Ces derniers sont vaincus par l’arrivée d’une armée romaine. Toute la population, qui attribue cette victoire aux prières de Saint Zanobi, se convertit alors au christianisme. Florence connaît alors une longue période de paix.

Guerres et renaissance : Les Goths de Théodoric le Grand conquièrent l’Italie autour de l’an 500. Il s’ensuit des guerres entre Byzantins et Goths qui sont chassés d’Italie. Mais en 550, une seconde vague de Goths dirigés par Totila attaque et ravage complètement Florence. Ils sont à nouveau chassés par les Byzantins. En 570, Florence est occupée par les Lombards qui cependant délaissent cette ville en ruines. 

Ce n’est que vers 700 qu’une faible activité économique reprend, grâce à l’exode rural dû à l’insécurité dans les campagnes. Vers 780, la ville se place sous la protection des Carolingiens et un développement beaucoup plus visible apparaît sous la domination de Lothaire 1er (795-855). En 854 les Comtés de Fiesole et de Florence se réunissent et choisissent Florence comme siège du Comté. De nouveaux remparts sont construits. Une abbaye bénédictine construite en 978 devient un centre de rayonnement culturel. Florence devient la capitale du Margraviat de Toscane.

Le Moyen âge : En 1055, un concile se tient à Florence en présence du pape Victor II et de l’empereur du Saint-Empire Henri III. Cependant un conflit latent ne sera pas résolu de si tôt : les papes et les empereurs se disputent la nomination des évêques, ce qui conduira à la longue lutte entre guelfes et gibelins. Quand presque simultanément meurent la comtesse Mathilde de Florence et l’empereur Henri V du Saint Empire, la ville se déclare commune autonome.

Au XIIe s., l’artisanat et le commerce se développent, grâce à son port fluvial, des corporations de métiers sont formées. Florence importe des tissus, les raffine et les colore avant de les revendre au prix fort. Les premières activités bancaires apparaissent.

Petit à petit, Florence conquiert les fiefs du comté et oblige les seigneurs à venir vivre dans la ville. Ces seigneurs, souvent opposés, construisent des tours à l’intérieur de la ville pour se défendre. En 1177, les Uberti, favorables à l’empereur, tentent de renverser le système d'alliances par factions utilisé pour gouverner la commune. Il en résulte une sanglante et dévastatrice guerre civile qui durera trois ans. C’est le prélude à la guerre entre guelfes et gibelins.

En 1246, les guelfes sont chassés de Florence, puis c’est le tour des gibelins. Les guelfes au pouvoir se divisent en guelfes noirs (partisans durs du pape) et en guelfes blancs (modérés). Ces derniers sont chassés de la ville (dont Dante). Puis les guelfes noirs se divisent en deux groupes : les Donateschi et les Donati. Après l’exécution de Donati, le calme revient. Pendant cette période, la ville se développe malgré ces rivalités : introduction du florin d’or, défaite de Pise sa rivale face à Gênes, activité économique forte, constitution antiaristocratique (1293).

Au XIVe s.l’activité économique progresse encore et de nombreuses grandes constructions sont entreprises jusqu’à la peste noire de 1348 qui tue une bonne partie de la population. En 1378, la révolte des « Ciompi », classe la plus pauvre de l’industrie des textiles, se termine par un échec. La ville est alors dominée par un petit groupe de banquiers et elle prospère, jusqu’à ce qu’une nouvelle révolte populaire a pour conséquence la prise de pouvoir par Cosme de Médicis en 1434.

Les Médicis : La peste noire et la crise de l’Eglise découlant de la papauté d’Avignon, ont incité les penseurs à mettre en doute les valeurs de l’époque et à étudier les arts et la pensée de l’antiquité classique. Florence, la première, connaît les profondes transformations de la Renaissance. Sa prospérité économique a permis le développement des arts, de la littérature et des sciences inspirées de cette antiquité. Cette tendance est extrêmement forte entre 1434 et 1534 et elle s’étend à toute l’Europe qui suit son exemple et fait venir des peintres, des sculpteurs, des musiciens et des architectes florentins. L’Opéra est né dans les années 1590.

Cosme de Médicis gouverne la ville en coulisses entre 1434 et 1464, en choisissant ses dirigeants et en tirant les ficelles de cette république de manière habile. Il est suivi par son fils Piero di Medicis (1416-1469), puis par son petit-fils Lorenzo di Medicis. Ce dernier est un grand mécène qui commande des œuvres à Michelangelo, Leonardo da Vinci et Sandro Botticelli au cours d’une époque à l’activité artistique intense en peinture et en sculpture, comme en architecture. 

Son fils Piero ne gouverne que de 1492 à 1494 ; Charles VIII de France envahit l’Italie et Piero se soumet, ce qui entraîne la colère du peuple qui l’exile et instaure la république. Le peuple a été influencé dans son rejet des Médicis par les prêches du dominicain intégriste Savonarole. Par la suite, il excède ses concitoyens et est pendu en 1498.

En 1512, les Médicis peuvent revenir au pouvoir, mais seulement jusqu’en 1527 : ils sont à nouveau exilés. Le peuple instaure une république qui se termine en 1530 après le siège de Florence par l’Espagne, qui dure 10 mois. Ce siège a été désastreux pour la ville dont les banlieues sont détruites, le commerce ruiné, la richesse confisquée. 

Les Médicis acquièrent à nouveau un pouvoir qui dure jusqu’en 1737. Ils sont Ducs de Florence, puis Grands Ducs de Toscane. En 1554 Florence conquiert Sienne ; le seul territoire de Toscane qui résiste est celui de Lucques. 

Domination autrichienne : L’extinction des Médicis en 1737 permet l’accession au pouvoir de François Etienne, duc de Lorraine et époux de Marie-Thérèse d’Autriche, à qui le traité de Vienne a donné le Duché de Toscane en échange de la Lorraine. Il devient Empereur d’Autriche et ainsi le Duché devient un satellite de l’empire autrichien. Le Grand Duché de Florence est gouverné de façon très libérale, Livourne devient une zone de libre échange très active où toute religion est tolérée. Le grand-duc de Toscane, Léopold II 'Autriche, accorde  une réforme agraire et abolit  la torture et la peine de mort.

Annexion au Royaume d’Italie : En 1861, Florence est annexée au royaume d’Italie et devient même sa capitale en 1865, mais doit céder ce titre à Rome en 1871. La ville se développe et sa population triple au XXe siècle grâce au tourisme, au commerce, aux services financiers et à l’industrie. Elle est occupée pendant un an par l’armée allemande, mais la résistance est active.

Une inondation catastrophique en 1966 détruit de nombreux vestiges historiques mais une réaction rapide soutenue par des milliers de volontaires affluant de tous les pays européens a permis de restaurer la ville.

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