Histoire de Amsterdam

Amsterdam à travers le temps

  • L’histoire d’Amsterdam s’insère dans l’histoire de la Hollande dont voici une chronologie : 
  • (– 5000 ; – 1000) : occupation par des peuples du néolithique, puis de l’âge du bronze.
  • – 800 : arrivée des Celtes, âge du fer.
  • – 500 : arrivée des Frisons.
  • 1er siècle : invasion romaine.
  • 3ème siècle : début d’invasions franques et saxonnes.
  • 5ème siècle : domination des Francs.
  • 6ème siècle : domination mérovingienne.
  • 8ème et 9ème siècles : le pays fait partie de l’empire de Charlemagne, puis de la Lotharingie.
  • 11ème siècle : création du duché de Brabant et du comté de Hollande et de Gueldre.
  • 14ème siècle : le pays est dominé par la famille régnante en Bavière.
  • 15ème siècle : domination des Bourguignons 
  • 16ème siècle : domination des Habsbourg jusqu’en 1555, année de l’abdication de Charles V

La révolte : Philippe II d’Espagne, son fils, lutta contre le protestantisme et instaura l’inquisition. Cela déclencha une guerre féroce qui devait durer 80 ans, au cours de laquelle 7 provinces du nord arrivèrent tout de même à instaurer la République des Provinces Unies. Cette république  organisa des expéditions et créa des colonies et des comptoirs ; en 1602, elle fonda la Compagnie des Indes orientales qui construisit des établissements en Indonésie, Brésil, Antilles et Amérique du Nord.

La guerre de 80 ans se termina en 1648 et les Provinces Unies devinrent indépendantes.

Amsterdam jusqu’au XVIIe siècle : Il semble que les terres autour du site actuel d’Amsterdam aient été récupérées sur la mer dès le Xe siècle. Le but de cette récupération n’était pas nécessairement l’obtention de nouvelles terres cultivables, mais peut-être l’extraction de la tourbe, accumulation de matières organiques, utilisée pour la combustion. On ne sait pas à partir de quelle année une agglomération commença à se former.

Le premier document qui parle d’Amsterdam est un acte de 1275 de Florent V, comte de Hollande de 1256 à 1296, qui exempt de taxes les habitants du « Barrage sur l’Amstel » (Amsteldam), un gros village de pêcheurs dépendant de l’évêché d’Utrecht. Cet acte fut la base du développement extraordinaire du village. Vers 1300, le village obtint le statut de ville, une ville dont le commerce se développa grâce à son port sur le Damrak, en aval du barrage. Mais Anvers restait le port le plus important pour le commerce avec l’Inde, Amsterdam se concentrant sur le commerce avec la ligue hanséatique. En 1345, un prétendu miracle, fit d’Amsterdam un lieu de pèlerinage, ce qui contribua également à son développement.

La ville était alors séparée en deux parties par l’Amstel, avec une vieille ville dont l’église datait de 1300 et une ville nouvelle avec une église du début du XVe siècle. Pour protéger la ville, on construisit des canaux bordés par des remparts, formés d’un monticule de terre surmonté d’une palissade en bois, autour des deux parties de la ville. En 1385, deux autres canaux furent créés, doublés de remparts. Deux incendies détruisirent une grande partie de la ville de 1421 et en 1452 ; l’obligation de construire les maisons en pierre ne fut cependant effective qu’en 1669. La seule maison en bois restante aujourd’hui est la Houten Huis du Béguinage.

En 1578, Amsterdam se rallie à la guerre contre l’Espagne et renverse le pouvoir catholique sans effusion de sang. Amsterdam fait partie des 7 provinces du nord insurgées, qui ont à leur tête le stathouder Guillaume le Taciturne ; celui-ci instaure une confédération ayant pour principe la tolérance religieuse. Cela attire de nombreuses familles souvent persécutées durant cette période de guerres de religion : Juifs d’Espagne et du Portugal, marchands protestants de Flandre, bourgeois d’Anvers, Huguenots français, qui apportent leur argent et leur savoir-faire, hommes de sciences comme Comenius et Descartes.

Le XVIIe siècle : C’est l’âge d’or d’Amsterdam ; son commerce se développe tous azimuts : pays de la mer Baltique, Afrique, Amérique du Nord, Brésil, Indes occidentales, grâce à la création des Compagnies des Indes Orientales (1602) et Occidentales (1621). Une Banque de Change et une Bourse des Valeurs sont créées en 1611, les grands canaux sont construits autour de la ville, de beaux bâtiments sont érigés, comme l’hôtel de ville. La population s’accroît malgré les quatre épidémies de peste du siècle. La richesse engendre aussi le développement des arts (Rembrandt, Vermeer). C’est une période de grande prospérité.

Le déclin : Les guerres contre la France et la guerre de succession d’Autriche coûtent cher à la Hollande qui accumule une dette colossale. Leurs anciens clients et fournisseurs créent leur propre flotte. Les Actes de Navigations anglais (1651) interdisent aux compagnies étrangères de commercer avec les colonies anglaises. Les chantiers navals hollandais n’ont pas su s’adapter aux nouvelles techniques et souffrent de la concurrence. En 1772, une crise financière et des faillites touchent toute l’Europe.  La guerre contre l’Angleterre fait perdre à la Hollande une bonne partie de ses colonies. Tous ces facteurs contribuent à un sévère déclin du pays, donc d’Amsterdam. L’occupation française entre 1806 et 1813, n’est pas pour améliorer la situation. La Hollande devient un royaume dirigé par Louis Bonaparte.

La reprise : Après le retrait de la France, Guillaume 1er de la maison Orange-Nassau, devient roi du royaume de Hollande, et il favorise le développement d’Amsterdam. La ville peut reprendre ses échanges commerciaux, créer des industries nouvelles, favoriser les services financiers ; la population passe de 200000 habitants en 1830 à 520000 en 1900. Le Rijksmuseum (1885) et le  Stedelijk Museum (1895) sont fondés, ainsi que le Concertgebouw  (1888) et la gare centrale d'Amsterdam (1889). Mais la reprise profite surtout aux riches ; les ouvriers vivent dans des conditions médiocres. Un mouvement philanthropique, conduit par le médecin Samuel Sarphati, se développe, pour améliorer ces conditions : création d’un système de gestion des déchets, d’une entreprise qui fabrique du pain moins cher, d’une association pour développer le commerce, l’industrie et l’agriculture ; la situation s’améliore partiellement à partir de 1870. Des quartiers populaires avec des logements pour les ouvriers sont créés en périphérie ; cela favorise le développement du socialisme et des syndicats, les revendications et les luttes. Vers 1900, la moitié de la population travaille dans l’industrie.

Le XXe siècle : Les deux guerres marquent Amsterdam, bien que la Hollande soit restée neutre au cours de la 1ère guerre mondiale. Pendant la 1ère guerre, elle souffre de la pénurie alimentaire et son développement se ralentit. Au cours de la seconde guerre mondiale, elle est envahie par l’Allemagne et elle ne peut reprendre sa progression qu’après la guerre. La ville s’agrandit à nouveau, de nombreux édifices plus modernes sont créés, avec plus de parcs et d’espaces verts. Elle se distingue des autres capitales européennes par sa permissivité envers certaine drogues ; cela attire beaucoup de monde, mais la ville connaît les mêmes problèmes de violence que les autres capitales.

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