Histoire de Moscou

Moscou à travers le temps

Préhistoire : Le plus ancien signe d’une présence humaine dans les environs du territoire de Moscou est le site néolithique de Schukinskaya sur la Moscova. Des vestiges plus tardifs datent de l’âge du fer : cimetière de la culture Fatyanovskaya, village de la culture Dyakovo. Au IXe s., la vallée de la Volga devint un lieu de contact entre peuples de l’Oural comme les Merya, les Bulgares de la Volga qui cherchaient à s’étendre, les Germains Varangians et les peuples slaves Vyatichi et Krivichi. Au XIe s., Moscou fut une ville mineure à l’embouchure de la rivière Neglinnaïa, occupée par les Meryas, qui parlaient une langue balto-finnoise. 

Développement de Moscou : En 862, des Vikings avaient fondé un état de foi orthodoxe, la Rus de Kiev, qui devait sa richesse à sa position sur la route commerciale de la Mer Baltique à la Mer Noire. Les querelles entre leurs descendants, et le partage des territoires entre la totalité des enfants, entraînèrent le morcellement de l’état en une cinquantaine de principautés. Un texte de 1147 mentionne pour la première fois Moscou, comme lieu de la rencontre de Iouri Dolgorouki, prince de la principauté de Vladimir-Souzdal et de  Sviatoslav Olgovitch prince de Novgorod-Severski

En 1156, le fils de Iouri Dolgorouki fit construire un fortin en bois, entouré d’un fossé, sur une colline de 30 m située au point de confluence de la Moskova et de la Neglinnaia, là où se trouve aujourd’hui le Kremlin. La ville commença à se développer à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe s. ; une résidence princière fut construite, ainsi que trois églises en bois.

Mais en 1223 commença l’invasion de la Rus par les Mongols conduits par Khan Batu. Ils conquirent tous les royaumes, dont celui de Moscou, détruisirent tout sur leur passage et massacrèrent les habitants sans pitié. Ils dominèrent désormais la région jusqu’en 1480, firent payer un tribut aux habitants, nommèrent et destituèrent les dirigeants russes.

Le prince de Novgorod, Alexandre Nevski (1220-1263), attaqua les Suédois puis les chevaliers teutoniques qui voulaient envahir la Russie et les battit tous les deux. Il avait la bénédiction des Mongols qui craignaient également de perdre leur domination sur la Rus. Il est aujourd’hui honoré comme héros national et comme saint. Son fils Daniel Aleksandrovitch (1261-1303) agrandit le territoire, lui apporta la prospérité et prit le titre de Grand Duc. Il fonda le premier monastère de Moscou.

Son successeur fut d’abord son fils ainé Yuri, puis, à sa mort, son autre fils, Ivan 1er lui succéda : ce dernier conquit la principauté de Wladimir et dirigea désormais deux principautés. Il fut nommé collecteur général des taxes par le Khan, ce qui accrut encore sa puissance. Le Khan lui donna même encore plus de pouvoir pour contrebalancer le nouveau Duché de Lituanie qui commençait à s’étendre.

En 1380, le prince Dmitry Donskoy de Moscou gagna l’importante bataille de Kulikovo contre les Mongols. Désormais Moscou fut le leader de la lutte contre les Mongols. En 1480, le prince Ivan III (1440-1505) délivra définitivement la Russie du joug mongol et devint  Grand Prince de Moscou. Par ses victoires contre les Mongols, il agrandit son territoire ; il conquit aussi le territoire de Novgorod qui était allié aux Lituaniens. Son territoire passa de 430000 m2 à 2800000 m2 et la population de Moscou comptait 100000 habitants en 1500. Il fit reconstruire le Kremlin par plusieurs architectes italiens ; les murs et la Tour de la Cloche actuels datent de cette époque. La Place Rouge et l’important fossé qui entoure la ville datent également de cette période. 

Une série de catastrophes : En 1547, deux incendies détruisirent une grande partie de la ville, puis en 1571, les Tatars de Crimée attaquèrent Moscou brûlant tout et massacrant la population ; il ne resta plus que 30000 habitants sur les 200000 que comptait la ville.

Ils revinrent en 1591 mais ne purent prendre la ville dont les fortifications avaient été renforcées ; elles seront encore améliorées par des remparts en terres renforcées par 50 tours et une chaîne de monastères fortifiés.

La famine de 1601-1603 tua 100000 personnes à Moscou.

Entre 1610 et 1612 une coalition Lituano-Polonaise occupa Moscou ; elle fut chassée par une coalition de cités russes. En 1613, Michel Romanov fut nommé tsar ; sa dynastie dirigea la Russie jusqu’en 1918.

En 1626 et 1648, des incendies ravagèrent une grande partie de la ville construite en bois.

La guerre Russo-Polonaise dura 13 ans, de 1654 à 1667. 

Une épidémie de peste qui sévit entre 1654 et 1655 tua 80% de la population.

Saint Petersburg capitale : En 1728, Pierre le Grand déplaça la capitale de Moscou à Saint Petersburg ; Moscou ne devait redevenir la Capitale qu’en 1918, à la chute des Romanov. La population passa d’abord de 200000 à 130000 habitants, mais elle augmenta très vite à partir de 1750 pour atteindre 1,8 millions en 1915.

Beaucoup de changements furent apportées à Moscou durant cette période : routes pavées à partir de 1730, enceinte avec 16 péages pour le prélèvement des droits de douane en 1741, rues éclairées au gaz en 1867, canalisation pour adduction d’eau en 1804, construction du palais du Kremlin, de l’Armurerie, de l’Université, du Manège, du Théâtre Bolchoi.

Quand Napoléon envahit Moscou en 1812, un incendie se déclara, dont on pense qu’il a été allumé par les Russes. Il détruisit encore une fois les trois-quarts de la ville.

Le reste de l’histoire de Moscou  fait partie de l’histoire de la Russie puis de l’URSS.

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